XVI LE COMTE DE CAVOUR
« En 1855, dit-il, après le vote de la loi sur les Corporations religieuses, Cavour fit appeler le Père Jacques qui lui déclara que, s'il venait à tomber malade, il pourrait compter sur
lui. ))
Cette dernière version nous avait toujours paru la plus vraisemblable. En effet on avait déjà eu, en 1854, ^^ temps d'oublier quelque peu la loi qui avait mis fin aux privilèges judiciaires du clergé, loi en faveur de laquelle le député Cavour avait simplement déposé son bulletin de vote. La loi contre les Corporations religieuses avait au contraire été presque exclusivement son œuvre et elle avait provoqué, tant à la Cour qu'au Parlement et dans le pays même, l'une des plus formidables crises que le Piémont ait jamais connues.
Il importe toutefois de reconnaître que cette version est sérieusement battue en brèche par le témoignage très précis et très documenté que verse au débat un autre ami intime de Cavour, qui fut en outre un de ses collaborateurs, Ruggero di Salmour. Dans ses Mémoires inédits, auxquels, grâce à la communication qu'a bien voulu me faire le marquis