XXVI LE COMTE DE CAVOUR
soir, le père Teodoreto Borgna, qui était alors mon vicaire, vint avec trois autres prêtres lui porter le Viatique, et je puis vous affirmer qu'il y avait à ce moment des milliers de personnes dans la rue. Entre temps, l'état du malade s'aggravait de plus en plus et le 6 juin, à 5 heures du matin, voyant qu'il était au plus mal, je lui dis : « Monsieur « le Comte veut-il que je lui donne l'extrême- « onction? » — « J'en serai bien heureux », me répondit-il, et je lui donnai l'extrêmeonction en présence de tous, parents, amis et ministres. Je vous assure que ce fut pour moi la plus grande des consolations de voir un homme si calme et si résigné et que je souhaite à tous de mourir comme Cavour. Après une agonie, qui ne dura que quelques minutes, le 6 juin 1861, à 7 heures du matin, le pauvre comte, à bout de forces, rendit son âme à Dieu. »
Le Père Jacques était un vrai serviteur de Dieu, au cœur chaud, au caractère d'une admirable fermeté, mais d'une intelligence qui ne s'élevait pas au-dessus de la moyenne. On comprend sans peine qu'aucun argu-