‹ Le comte de Chambrun: ses études politiques et littérairesChapitre 7 sur 43 · A M. Ghapu, 27 octobre i · texte numérisé non relu

A M. Ghapu, 27 octobre i

lonne, protégée du jour trop vif par les draperies d'un vélum de velours sombre, il me semble que j'y aimerais avec plus de tendresse encore la Muse de tristesse et de songe qu'Hébert a peinte au pâle souvenir des Héros sans gloire...

Tel qu'il se dresse actuellement, au sommet de sa colline, de son escalier et de son socle de pierre, le temple de la Sibylle est un édifice circulaire, formé par douze colonnes d'ordre corinthien en marbre de Carrare. Ces colonnes montent de la plateforme en pierre de la Turbie et soulèvent dans l'azur une toiture de métal qui sert de réflecteur au soleil, glissant de la mer aux Alpes, et s'arrondit comme la coupole d'une église byzantine. Les colonnes sont cannelées profondément; les chapiteaux sont ouvragés, ciselés, niellés comme des pièces d'orfèvrerie. Le plafond est coupé en caissons où s'épanouissent, les remplissant presque, de grandes marguerites étalées. Une guirlande dénouée de fleurs, découpant à vif leurs festons dans l'air bleu, court au-dessus de la corniche

comme un attique minuscule et élégant. Toute la construction, projetée en hauteur dans son unité parfaite d'allure et de plan, a une légèreté et une sveltesse peu ordinaires aux édifices en rotonde. C'est que, tout en cédant à Tobligation de doubler, pour les équilibrer aux dimensions majestueuses du grand escalier, les proportions exquises du monumentbijou de Lysicrate, on n'a jamais perdu de vue le primitif désir d'où naquit cette architecture : la reproduction « entre la mer et les Alpes » du petit chef-d'œuvre de la rue des Trépieds d'Athènes. Reproduction libre d'ailleurs, tout à jour, ayant dégagé ses colonnes delà maçonnerie athénienne, ou mieux encore, adaptation. Adaptation au milieu et aux besoins, dont le plan laisse pressentir une étude à fond des modèles romains de la même famille : le temple de Vesta au Forum, restitué d'après les monnaies du temps ^ et le précieux dessin de Panvinio, — le temple de Tivoli reconstitué par Fimagination et le calcul dans

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