‹ Le comté de Clermont en BeauvaisisChapitre 45 sur 81 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La princesse d'Harcoavt, comtesse de Clermont(1702). Vei au prince de Condé de la chàiellenie de Creil (1704) et comté (1719). Confiscation prononcée en 1792 contre Lou Joseph de Bourbon, prince de Condé. Consistance et reveri du comté à cette époque. Principales mouvances. Restituti de 1814. La succession de la maison de Condé. Le o d'Aumale.

Ce fut le 7 mai 1702 que comparut par-devant Bonnet Jean Le Semelier, notaires au Châtelet de Paris, le comte Picon de La Pérouse, premier secrétaire des commam ments de T. H., T. P. et S. prince Emmanuel-Philibe Amédée de Savoie, prince de Carignan, fils aîné et hérili sous bénéfice d'inventaire, de T. H., T. P. et S. princei Marie de Bourbon, princesse du sang, veuve de T. H., T. et S. prince Mgr François-Thomas de Savoie, prince Carignan, généralissime des armées de S. M. en Italie, gra maître de France, pour vendre au nom de son commettî à T. H., T. P. et S. princesse Françoise de Brancas et Bressan, épouse séparée, quant aux biens, de T. H., T. P. S. prince Alphonse de Lorraine, prince d'Harcourt, résidî à Paris, au Temple, les Comté de Clermont en Beauvois Châtellenies de La Neuville-en-Hez, de Remy, Gournay Moïenneville, de La Hérelle, de Bulles, et Châtellenie de Cr( leurs appartenances et dépendances, y compris tout et tel dr qui appartenait audit seigneur prince de Carignan, de nor nation aux offices desdits comté et châtellenies engagés \ le roi, en 1569, à faculté de rachat perpétuel, ensem] tout ce qui avait été aliéné par S. M. suivant les nouvei finances qui en avaient été payées. Etaient seuls exceptés deux tiers de la châtellenie de Milly, vendus en 1699 au n réchal de Boufflers, ainsi que la châtellenie de Bonneuil, q le partage de 1688 avait attribuée à la duchesse de Nemou

Le prix de vente était fixé à 340,000 livres. Le prince

Carignan ratifia le contrat le 28 juillet 1702, et le prince d'Harcourt le 24 décembre suivant.

Marie-Françoise de Brancas était la fille aînée de Charles comte de Brancas (1), chevalier d'honneur de la reine Anne d'Autriche, si célèbre par les distractions prodigieuses que La Bruyère a immortalisées dans ses Caractères. Dame du palais de la reine, elle avait épousé, en février 1667, Alphonse Henry-Charles de Lorraine, prince d'Harcourt (2). Elle était séparée de biens d'avec son mari, et le fut aussi de corps, à en croire Saint-Simon qui consacra plusieurs de ses pages les plus virulentes (3) à retracer les singularités, les ridicules, le caractère altier et plat à la fois de cette amie de M"' de Maintenon.

Tout autre elle parait avoir été à Clermont, où elle fit sa première entrée le 30 janvier 1703 et fixa sa principale résidence. Par ses ordres, le donjon, qui avait jusqu'alors servi surtout au logement de la garnison, fut aménagé en habitation. De larges fenêtres remplacèrent les meurtrières d'autrefois. Les fossés et la plate-forme inculte, qui servaient de défense au château, furent convertis en promenade plantée d'ormes et de tilleuls. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le Chdtellier, L'église collégiale, bâtie ou plutôt rebâtie par

(i) Fils cadet de Georges de Brancas, premier duc de Villars. Brancas portait d'argent au pal d'azur chargé de trois tours de gueules et accompagné de 4 pattes de lion mouvant des flancs de l'écu.

(2) Il était fils d'Alphonse-Gha ries- Henri de Lorraine qui prit le premier le titre de prince d'Harcourt. Le comté d'Harcourt était entré dans la maison de Lorraine par le mariage de son aïeul au 7' degré, Antoine, comte de Vaudemont et de Guise, avec Marie d'Harcourt, fille et héritière de Jean VII, comte d'Harcourt et d'Aumale. Armes de la maison de Lorraine : l'écu parti de trois traits et coupé d'un qui font huit quartiers où se trouvent renfermées les armes de 4 royaumes : Hongrie, Naples, Jérusalem, Aragon, et de 4 duchés : Anjou, Gueldres, Juliers, Bar, sur le tout d'or à la bande de gueules chargée de 3 alérions d'argent posés en bande qui est de Lorraine. La branche d'Harcourt brisait tout l'écusson d'un lambel à 3 pendants de gueules et d'une bordure de gueules.

(3) Mémoires, t. H, p. 238, et t. IV, p. ^ et suivantes.

COMTES ENGAGI8TES 5^

Renaud II , comte de Glermont , et qui, adossée au mu d'enceinte du château, faisait partie du système des fortif cations, avait été rasée en 1359 par le capitaine de Buch, puj en 1595 sur l'ordre d'Henri IV, et le Chapitre l'avait remplacé par un bâtiment sans caractère architectural : la princess d'Harcourt fît construire à l'extrémité du château, vers 1 couchant , une église plus vaste , que Mgr de Forbir Janson, évêque de Beauvais, vint solennellement consacre le 14 novembre 1714 (1). La nouvelle comtesse employait 1 plus grande partie de son temps à des œuvres de bienfaisanci Par acte du 26 mars 1715, elle dota l'hôpital et hôtel-die d'une rente perpétuelle de 400 livres pour Tentretien de troi sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve chargées du servie des pauvres et des malades. Elle mourut un mois après ass€ subitement, nous apprend Saint-Simon, qui ajoute qu'elle r fut regrettée de personne, à la cour peut-être, mais no certes à Glermont, où son souvenir fut longtemps vivant < honoré. Voici son acte de décès d'après les registres de ] paroisse de Saint-Samson, aujourd'hui conservés à la mairie « Le douzième jour d'avril 1715 est décédée en la commi nion de l'Eglise, T. H., T. P. et T. S. dame S. A. Madair Françoise de Brancas de Brézans, princesse d'Harcourt < comtesse de Glermont en Beauvoisis, épouse de T. H., T. I et T. S* Prince S. A. Mgr Alphonse, Henry, Gharles de Loi raine, prince d'Harcourt, âgée de 64 ans ou environ, dont ] corps a esté présenté en cette église le 14 "de ce mois et er suite conduit en l'église collégiale N. D. fondée au châtea de cette ville, pour y rester en dépôt jusqu'à ce que le corf soit conduit à Harcourt, pour ôtre inhumé dans le chœi] de réglise des Dames Religieuses hospitalières dudit Ha court, où ladite dame a élu sa sépulture : en présence d Messire Gharles Le Gras, conseiller du roy et son procurei au bailliage et autres justices royales de cette ville, de Mes sire Nicolas Thouret, conseiller du roy, prévost royal de 1 Prévôté foraine dudit Glermont, de Pierre Dufour, chanti en cette église, et de plusieurs autres. »

{{) OX édifie*» a H^ dMriiit en 1794. Graves, Debauve et Roussel. ^ Qerinont.

— La princesse d'Harcourt n'avait pas gardé tout entière son acquisition de 1702. Elle en avait détaché la châtellenie de Creil, que, par contrat passé devant Lauger et son confrère notaires au Ghâtelet de Paris, elle avait vendue à Henry-Jules de Bourbon, prince de Condé (1), le 16 février 1704, au prix de 140,000 livres.

Ce fut au petit-fils de celui-ci, Louis-Henry de Bourbon, prince de Condé, connu dans l'histoire sous le nom de Monsieur le Duc, que le fils et héritier bénéficiaire de la princesse d'Harcourt, Anne-Marie- Joseph de Lorraine, prince de Guise, comte d'Harcourt (2) vendit également, le 31 décembre 1719, devant Lorimier et son confrère, notaires au Châtelet de Paris, le comté de Clermont avec les châtellenies de La Neuville-en-Hez, Bulles, Remy, Gournay et Moïenneville, LaHérelle etMory-Moncrux, moyennant 760,000 livres.

Des lettres patentes du 19 juin 1724 confirmèrent au profit du duc de Bourbon les acquisitions de 1704 et 1719. (Voir le texte de ces lettres annexe F.)

Ce prince (3) unit et incorpora à son nouveau domaine la vicomte de Breuil-le-Vert, dont il s'était rendu adjudicataire, le 20 septembre 1719, sur la succession vacante de François Forget, grand maître des eaux et forêts de l'Ile-de-France (4).

(1) Il était en même temps duc de Bourbonnais, de Châteauroux, d'Enghien et de Seurre-Beliegardo, premier prince du sang, premier pair et grand maître de France, gouverneur de Bourgogne et de Bresse. Fils du grand Condé, il naquit le 29 juillet 1643 et mourut lel"avriH709. Son fils Louis III le suivit dans la tombe le 4 mars 1710, ayant eu de Mademoiselle de Nantes, fille naturelle de Louis XIV, de nombreux enfants, dont l'atné fut Louis-Henry.

(2) Né le 30 avril 1679, il avait épousé, le 2 fulllet 1705, à la grande fureur de la maison de Lorraine, Marie-Louise-Catherine-Jeannin de Castille et mourut le 29 décembre 1739 laissant un fils, Louis-Marie- Léopold, né le l7 décembre 1726, mort le 20 juin 1747, le dernier de sa branche. Son grand-père, le prince d'Harcourt, était décidé en février 1719 au château de Montjeu, qui appartenait à sa belle-fille.

(3) Il portait de France, au bâton de gueules péri en bordure.

(4) Breuil-le-Vert avait été érigé en vicomte par lettres de février 1672 en faveur de François Forget. La seigneurie lui venait de son grandpère, conseiller au Parlement, qui l'avait acquise de la famille d'Argilière.

Ils*était marié deux fois, d'abord à Marie-Anne de I Conti, dont il n'eut pas d'enfants, puis à Charlotte d Rheinfelt qui le rendit père de Louis-Joseph de Bour jeune princç n'avait pas encore cinq ans, lorsque la ; son père, en 1740, le laissa sous la rude tutelle de s< le comte de Charolais.

Le Coïhié de Clermont en Beauvoisis avait dès lor son autonomie pour prendre rang parmi les nombi maines (1) des princes possesseurs de Chantilly. Il I pris dans la confiscation générale, prononcée en \li fait d'émigration, contre Louis-Joseph de Bourbon-Co

— Quelle était alors sa consistance, quels en étaient ] nus ? Des documents conservés aux Archives de l'Oi nissentla réponse (2) : 60,000 livres environ ; sur les ( vres, la majeure partie était fournie par les bois.

Ces bois furent régis, pour la période de 1771-1779 tement par le fpndé de la procuration du prince de Chardon du Havet, écuyer, conseiller, secrétaire maison et couronne de France et de ses finances. ] venu moyen fut de 33,000 livres. Il s'éleva, en 1779, à : vres suivant le détail ci-dessous :

Forêt de Hez (150 arpents adjugés annuellement) 21.453 ]

Bois Bourbon 1 .395

Châtellenie de Remy (52 arpents en coupes) 6 .544

Châtellenie de La Hérelle (59 arpents). ... 2.930

Bois de Bulles (17 arpents) 1.135

Bois de la Houssière (6 arpents) 598

Bois de Rotheleux 525

(3) Ces domaines s'accrurent encore par l'acquisition, le i; bre 1787, moyennant 2,4."i0,000 livres, du marquisat de Noin seigneuries de Béronne et Gicourt qui en dépendaient. Cette a< avait été faite pour le compte du fils du prince deCondé, Lou Joseph, duc de Bourbon, qui comparut par procureur à l'Assc 1789, comme seigneur de Nointel.

(4) E 37 et 40.

Taillis du petit bois du Châtellier et des

Coutures, des murs du jardin du château 120 livres. Taillis de la Haule-Pommeraie (1) 960 —

A pçirtir de 1780, les bois de Remy et de La Hérelle furent compris danè la location de ces deux châtellenies. Voici, d'après le Sommier général des fermages, lot/ers/ rentes du Comté de Clermont et de la Chdtellenie de Creil, le relevé et le détail des baux, commençant, pour le Comté, au 24 juin 1779, et pour la châtellenie, au 1" janvier 1780.

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