‹ Le comte de ClermontChapitre 4 sur 33 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

rancienneté , de bonnes âlliances, des services militairesi des dignités dans l'Église, et THistoire ne Pa point oublié (i). » Le comte de Billy pôre était rhomme de confiance de la Princesse douairièrei et ce fut lui qui accompagna le comte de Charolais en 171 7, quand on le fit passer secrètement en Allemagne, sous prétexte de prendre part à la guerre de Hongriei maii^ en réalité pour inquiéter le R^ent, qui ne s'en tourmenta pas autrement. Saint-Simon raconte le fait, et qualifie le comte de Billy a un gentilhomme qui avait beaucoup de sens et de mérite..., connu pour avoir la confiance de M. le Duc. 3

Bien quil fût le dernier représentant de la branche aînée de sà maison, le comte de Billy était resté longtemps sans alliance. Vers 1730, âgé d'environ cinquante-sept ans (étant né le 22 mai 1673), il épousa Marie-Adélaïde Favière, ûUe de Guillaume Fayiére du Plessis-le^VeneuTi Maître

des Comptes. Il en eut an fils qu'il laissa orphelin à 1 âge de cinq ans ou à peu près. Le comte de Clermont adopta cet enfant, se chargea de son

^ucation, de son avenir, et l'attacha à sa personne

(1) Généalogie des Pages de la Grande -Écurie. Bibliotlièque de PAlSCUl, M 760, H. F. m folio.

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aussitôt qu'il fut en âge de se produire dmUi k monde.

Au milieu de cette société libre et galante de

l'Abbaye et de Berny, où régnaient non sans partage la Camargo d'abord et plus tard M^^ LeDuc^ le pupille de Tabbé de Saint-Germain ne puisa pas pfMsément des goûts de Bétiédictin. Baptisé par son père adoptif du nom significatif de Cupidon^ formé de bonne heure par les soins maternels de ces demoiselles, il sortit à seiae ans de cette charmante école à l'état de mauvais sujet accompli ; aimant en enragé la musique, les t>alkts, les soupers et les comédies; original et débraillé comme le comportait le laisser aller du jour; musicien agréable dans les salons, galant cavalier dans les- boudoirs, mais aussi brave officier devant l'ennemi, car il commença presque enfant son apprentissage de soldat. Il est vrai que son zàle pour le service du Roi s'éteignait avec le feu de la mêlée, et que l'on obtenait difficilement

de lui qu'il s'astreignît aux études et aux exercices militaires ; mais cela ne l'empêcha pas de devenir, « an sortir de la jaquette », colonel du r^iment d'Enghien qui appartenait aux Condé.

Or, ce colonel de dix-huit ans s'obstinant à fréquenter pins assidûment les coulisses que les

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champs de manœuvre, les musiciens que ses grenadiers, on songea, pour en faire bon gré mal gré un homme sérieux, à le marier au plus tôt. Afin de dorer cette amère pilule^ on lui choisit pour femme la fille du sieur iMoufle de la Thuilerie, Trésorier de la Marine, laquelle apportait à son futur époux, du chef de sa mère défunte, une dot ronde de neuf cent mille livres. Bien que le père eût fait « une espèce de banqueroute », cet appétissant lingot posait la demoiselle en parti fort recherché. M. de Caumartin, marquis de Saint- Ange, s'était déjà mis sur les rangs, *et le comte d'^genson, ministre delà guerre, proche allié des Caumartin, appuyait de tout son'crédît les n^ociations pendantes. L'intervention de Son Altesse • Sérénissime ^ait néanmoins faire pencher la balance en fiiveur du comte de fiilly, quand la famille reçut à son sujet un rapport édifiant dont on trouvera le curieux résumé dans la lettre iil ci-après. Le père, tout ému, osa déclarer respectueusement au Prince quMl préférait renoncer à Tinsigne honneur de 1 alliance projctc'C, plutôt que d'exposer sa fille aux risques et périls d'une union aussi scabreuse. On trouva un biais pour sauvegarder la dignité de Son Altesse, qui parut se désister volontairement . devant une parole antérieurement

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donnée au comte d'Argensoa, et M^^ Moufle devint définitivement marquise de Saint-Ange.

C'était un million de perdu, ce dont le pi étendant évincé} fort désintéressé de sa nature, ne paraissait pas se soucier beaucoup. Néanmoins on Jugea convenable de solliciter pour lui, en manière de compensation, la croix de Saint- Louis. On aurait obtenu sans aucun doute cette digne récompense de ses bons et loyaux services, le ministre n ayant rien à refuser au généreux rival de son neveu, si uqt maladie dont la nature ne nous est pas connue n'était venue trancher dans sa fleur une existence si bien con^mcncée. Cette carrière courte et bonne se termina du moins à l'édiiication générale : cédant aux pieuses exhortations du comte de Qermont , Cupidon de fiiUy se décida à faire, au lit de mort..., sa première communion! C'est très*probahLement la seule conversion que ' Ton doive imputer au zèle apostolique du vénérable abbé de Saint-Germain.

François- Louis de Biliy, lorsqu*il mourut le 19 janvier 17501 était encore mineur et en puissance de tuteur. Ce tuteur n'était autre que son cousin du côté maternel, Louis Petit de Bachaumont , le célèbre éditeur dtsJHémoiris secrets; et c'est dans les papiers particuliers de ce demièr, conservés parmi

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