PREMIÈRE PARTIE
les manuscrits de U bibliothèque de l'Arsenal » que nous a^ons retrouvé les lettres que nous publions. Elles sont toutes de la main d'un secrétaire (M. Dromgold sans doute), dictées par le Prinçe, et seulement signées ou paraphées par lui.
Cette courte correspondance n'a rien d'historique; elle ne sort pas du cercle de la vie intime, ^est un simple tableau de mœurs* Cependant on ne la lira pas sans intérêt, un peu à cause des fitcéties d'un goût singulier et des niaiseries à la mode dont elle est surabondamment épicée, et beaucoup parce qu'on y trouvera ce qu'on ne se serait certainement point attendu à rencontrer ici : du cœur et de l'émotion.
A MADAME FAVIÈRE
Au château de Berny, ce 29 décembre 1744.
'ay voulu, madame, faire venir M. de Billy à Berny, afin de juger par tnoy-même si je pourvois bientôt me t attacher par me première charge. Je l'ay trouvé en effet beaucoup mieux que t année dernière ^ mais cependant encore trop loin d'être en état de remplir celle de Premier Gentilhomme de ma , chambre, qui demande une connoissance très-étendue du cérémonial et d autres détails qu'il ne pourrait apprendre
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que par une asses[ longue suite (tannées.
Et comme il ne m* est plus possible de me passer plus longtemps de ce premier officier, jay fait un arrangement qu'il ne tiendra qu'à M. deBillyque faccompHsse bientôt : c'est de Tindiquer dès à présent pour Capitaine de mes gardes, ce que je viens de déclarer, et de luy en donner la charge et les fonctions en entier dès qu'il aura achcpé de prendre le caractère et le maintien d'un homme raisonnable. Ce sera à luy, par son attention et son travail, à mériter que j'abrège le délai que je mets à l accomplissement entier de ma promesse»
Voilà, madame, quelles sont mes vues et mes résolutions en faveur de M. deBilly, qui n excluront point les autres grâces que je seray toujours disposé à luy faire; et voilà de quelle façon je compte satisfaire au souvenir tendre que je conserveray toute ma vie pour feu M* de Billy son père.
LETIiiES INÉDITES
Je suis, madame, bien sincèrement, votre très-humble et très-obéissant serviteur»
Louis de Bourbon.
Cette lettre est adressée à la grand'mère maternelle du comte de Billy, Catherine de Feu de
Charmois, femme de Guillaume Favière, Maître des Comptes. Louis de fiiUy était, en e£fet, beaucoup trop jeune pour exercer les fonctions de Premier Gentilhomme de ia Chambre du Prince. Son père étant mort en 1739, s'il est vraij comme le dit plus loin le comte de Qermont, qu'il fût resté orphelin à Fftge de cinq ans, il n'aurait eu encore que dix ans en 1 744. Supposons une légère erreur de mémoire, et donnons-lui deux ans de plus:
c^était l'âge d'entrer à Tacadémie et non de se poser en Premier Gentilhomme. Ce fut le marquis de Montlezun (de la de Montlezun-Pardiac)
qui obtint cette charge; ceUe de Capitaine des gardes de Son Altesse Sérénissime fîit accordée plus tard au comte de Poiignac. Billy reçut ^ comme nous allons le voir,*une ample compensation.