‹ Le comte de ClermontChapitre 7 sur 33 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

douces, Flûtes à l'ognon, Chalumeaux,

Cornemuses, Musettes j Castagnettes, Tambourins, Trombonnes, Orgues, Orgues de Barbarie^ Timpanons, Harpes, Clavecins et Épinettes, pour exécuter vos divins menuets, dont on va tirer les partitions nécessaires pour leur exécution. Ils seront aussi tripudiés ce soir par M^^' Le Duc, qui mettront chacune une paire de souliers neufs exprès pour cela, et il vous sera mandé tout de suite le plaisir que les oreilles et les pieds auront eu à s abandonner aux charmes mélodieux de la gracieuse mélodie dont vous vene{ d' orner nos concerts et nos danses.

Le soleil échauffoit à peine nos coteaux quand nous avons reçu ce généreux don de votre part; il est à peine à la moitié de sa course que nous vous en faisons nos très -humbles remerdments. La lune à peine remplacera (astre du jour que nous jouirons des charmes de vos présents, et

LETTRES iNÉDiTËS

nous ne cesserons d'en jouir que quand cet

astre des ténèbres disparaîtra de notre horizon.

Nous avons vainement cherché quelle pouvait

être cette farce de carnaval jouée à Bernyen 1749, et où figuraient le grand Maamoubatchoulicaraca, Polichinelle, dame Gigogne, la tante Mathufine, etc. Réduit aux conjectures, nous pencherions pour le Calant Jardinier^ comédie de Daacourt, qui figure^ en effet, au répertoire de fiemy* L'amant, déguisé en garçon jardinier, se fait passer pour le neveu de la jardinière Maîhurine^ et la pièce se termine par un divertissement de masques admettant tous les personnages susénoncés. Le père Duchemin^ chargé de représenter le grand Maamou... etc., est le vieux Duchemin, pensionnaire retraité de la Comédie française, et régisseur du tiidâtre de Berny. (Voyez plus loin les Documents inédits sur ces spectacles.)*

Nous aurons assez d'occasions de retrouver par la suite les demoiselles Le Duc. La cadette, re-

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tirée de l'Opéra depuis 1742, était la sultane favorite du prince. L'aînée, retirée de la àrealaîwn

depuis fort peu de temps, vivait avec eux en bellesœur plutôt qu'en protégée; on cherchait à la marier (avec prime).

Nous renvoyons au Molière musicien de M. Castil-Bkze pour l'explication cm commento des instruments de musique si complaisamment et plaisamment énumérés par le Prince.

Nous trouvons ici dans le manuscrit une lettre

autographe et sans signature que nous n'hésitons pas à attribuer à Le Duc la cadette. On sent^ sous cette forme amphigourique et facétieuse, un petit ton de maître ou de maîtresse qui ne pouvait convenir qu'à elle*

Cette épître, dans le style des CiUes-^idm, est, en effet, assez niaise et bien loin de valoir celles, dans le même genre , que le comte de Qermont adressait à M. de Billy et que nous trouverons plus loin. Elle se termine par des refrains de chansons à boire qui feraient supposer qu'elle a été écrite

LETTRES INEDITES

tous rinspiration active de quelques verres de Champagne, ce qui expliquerait aussi la manière

toute fantaisiste dont elle a éic jctcc sur le papier.

Pour la satisfaction des amateurs du théâtre , et vu Toriginalité de sa forme» nous donnons à la fi<i du volume le fac-similé de cette lettre , dont nous respectons bien entendu Forthographe indépendante.

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