‹ Le comte de Clermont, sa cour et ses maîtresses: lettres familières, recherches et documents inéditsChapitre 12 sur 50 · RÉPONSE DE M. LE COMTE DE CLERMONT · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE M. LE COMTE DE CLERMONT

Du foyer, le 1 9 novembre 175 1 .

« Monsieur l'auteur,

a L'on ma zen queuque manilre donné connoissance de vof lettre, en m*en faisant prendrtune lecture entiïre, ■ ' a J'ai cru m' apercevoir de voV reconnaissance en noV endroit paceque vous en touchez queuques mots, La troupe, zen vous rendant justice, ne fait que son petit devoir; et nous attribuons plus not' réussite au gracieux de vof pike qu'à not' fragile mérite.

a Quant zà l'artique d'érudition que vous nous citez-t-à Voccasion de saint Augustin qu'a condamné les espectaques, rapport zà c'qui s' passait entre les hommes, au défaut des femmes quil n'éta pas d'usage de faire comparoitre sur la seine, je crois qu'vous auriez pu dire que ces temps-là étoient bien barbares, puisque nous voyons que les comitiencements de la tragédie, sous Thespis, n'avaient pour tout thédtre, su vot' respect, qu'une méchante charrette dans

laquelle il menait ses acteurs sur un échaffaut ousqu*ils faisaient zaprls ce qui répugne à dire,

c Quant à la màgnihre dont vous vous énoncez à mon endroit, c^est-'Z-un effet de vof bonté qui mWendrait glorieux si, comme dit c' tautey la vanité n'était pas^t-un sujet de déperdition. Que par ainsi l'on. ne doit pas prendre la politesse d'un chacun au pied de la lettre, ni s'en croire pour ça pus gros seigneur,

a Mais je reviens-t-à la chose dont'Z-4l est question : voici les seize billets que vous demandez. Je vous prie, zen qualité de directeur, de m'octroyer la grdce de les accepter gratis; c'est-z-une petite gratification que la troupe prend la liberté de vous offrir et qui ne sera point retenue sur votre droit du neuvième; je vous porteraiz-encore des billets à V Opéra, qh je compte jouir de votre chlre présence pendant tout l'espectaque, dont même j'ai l'honneur, zen attendant, de me dire, a Monsieur et bon ami,

a Votre trcs-humble et trés-obéissant serviteur,

a Le Directeur. »

a P. S. Les excuses que vous nous faites, à l'occasion de la promptitude de vof départ d'hier, n'étaient point nécessaires. Vous avez bien fait de profiter de la commodité d'une voiture; rien n'est pus agréable à un queuquezun qui s' trouve dans l'cas d'aller à pied sans ça,. Le seul regret dont nous ayons le bonheur de jouir, c'est de n'avoir pas profité plus longtemps d' vot' chhe présence. Mais c' qui est différé nest pas perdu; on voit ça tous les jours. »

(Journal de Collé.)

jS 8BC0MDB PAKTIS

DÉCEMBRE 1751. — Pendant les dit jours que je suis resté â Ëtioles, j'ai trouvé le temps de changer, dans ma comédie de la VèriU dans le vin y le rôle de Tabbé en celui d'un chevalier de Malte. Moyennant ce changement, je crois qu'elle pourra bien être jouée à Berny ; du moins Son Altesse m'a*t-elle témoigné en avoir envie, et c'est pour cela que j'ai travaillé.

(Joarnal de Collé.)

La ViriSi dans le vin ne fut pas jouée à Berny. Cette vigoureuse et piquiante comédie fut représentée pour la première fois, en 1757, ches M««de Meaux, fille du comédien Du Fresne et femme d^n sous-fermier. M°i« de Meaux créa elle-même, à la grande satisfaction dé rauteur» le rôle scabreux de la Présidente. Voyez le Journal de CoUi à cette date.

Avril 1753. — Jean-Jacques Rousseau, de Genève, auteur agréable mais se piquant de philosophie, a dit que les gens de lettres doivent faire trois vœux : pauvreté^ liberté, vérité. Cela a indisposé le gouvernement contre lui. Sur cela oh a parlé de lui dans les cabinets, et le roi a dit qu'il ferait bien de le faire renfermer à Bicètre ; et M. le comte de Clermont a ajouté que ce serait bien fait de l'y faire étriller. L'on craint ces sortes de philosophes libres.

{Mémoires du marquis d'Argenson.)

Page 1