SCÈNE PREMIÈRE
Mm« AMARANTHE, ÉLIZE, THÊNÉRITE.
M«e AMARANTHE.
Eh bien ! l'avais-je pas deviné ? Toujours dans le bosquet ! C'est bien inutilement vraiment que je cours toute la maison sans les rencontrer. Cela se donnerait bien de garde de se tenir dans le salon. (Aprls Vair de vielltfini.) Sans cesse jouer de la vielle ou bien lire des comédies 1 Cela est bien insupportable.
(Élize et Thincrite quittent leur vielle et leur livre.)
ÉLIZE.
Nous ne vous avions pas vue entrer, matante^ sans cela nous aurions été au-devant de vous, savoir comment vous aviez passé la nuit.
th£n£rits. Et vous embrasser.
M«^ AMARANTHE
Je n'ai que faire qu'on me demande comment j'ai passé la nuit ni qu'on m'embrasse, mais j'ai besoin qu'on ne m'écorche
pas sans cesse les oreilles avec une maudite vielle, et qu'on ne soit pas planté pour reverdir dans le coin d'un jardin, à lire des sornettes qui ne font que gâter l'esprit.
{Elle s*asseoit au fond da bosquet et se met à faire de la tapisserie, ses deux nilces s'asseyent aussi et sont un instant sans dire mot; Thinirite bdille.)
Ne voilà-t-il pas une belle conversation ? Tirez-les de leur musique et de leur comédie, cela serait huit jours sans proférer une parole.
ÉLIZE.
Qne vouIez*vous, ma tante, vous êtes entrée nous grondant, nous n'osons pas vous parler, de peur de dire des choses qui vous déplaisent.
M«e AMARANTHE.
Voyez comme cela se tient les bras croisés 1 Cela ne sait faire œuvre de ses dix doigts. Que ne travaillez-vous à votre métier?
THÉNÉRITE.
II est dans notre chambre.
Mn« AMARANTHE.
Ouiy et je parie que depuis trois mois qu'il y est, vous n'y avez pas encore fait un point, et cependant il n'y a que le fond à y mettre^ car pour vous proposer de muer (nuancer), vous prendriez plutôt la lune avec les dents.