I.BCOHTI Di roix
celle qui Ta suWi; Dû<-1« bien (|ue à la eomtene Regina de Norwich reste un jour après ton arrivée dans les murs ^e Beaucaîre, mi malédiction tombera sur lui, et que jamais il ne sera reconnu ni par moi, ni par ma noblesse* ni par jna bourgeoisie, comme seigneur de la Languedoc.
. — J'obéirai, > dit Othon.
Il avait à peine prononeé cette parole, qu'un léger tumulte se manifesta dans le camp placé à quelque distance d'eui. Des hommes en foule s'élancèrent vers Toulouse ; la plupart n'étaient point des soldats ; mais on ne pouvait guère deviner quel était leur dessein. Le comte, prêta partir, s'arrêta, et se tournant vers David Roaix :
( Toi jqai as des yeux plus jeunes que les miens, dis-moi quelles sont ces troupes qui vont oocuper notre ville ?
— Restez, monseigneur, dit Othon, dont la vue perçante avait découvert quels étaient les instruments dont ces hommes étaient armés, et Dieu veuille que votre bon droit, resté vivant en votre personne 4 ait une défense qui vaille celle que vous allez perdre, i - David Roaix parut ne pas comprendre le sens de ces paroles ; mais une demi-heure n^était pas écoulée que cette foule qui entrait incessamment dans la ville reparut bientôt sur les remparts, et
lOut auwtiôi on f i( le» pierrei des mara ^'ébranler et rouler dans les fossés qu'elles comblaient. D'un autre oôté des travailleurs étaient montés sur les tolm des plus riches maisons ^ et en commençaient de même la démolition. Cette œuvre, lentement commencée et ea quelques points seulement, s'élendit bientôt avec une telle rapidité que, lorsque le soleil fut tout à fait levé, le tumulte était si grand et la poussière si épaisse, que la ville s'enveloppa dans un nuage blanchâtre qui ne permettait plus de rien voir. Seulement on entendait de temps en temps le bruit d'un écroulement , et un flot de poussière pareil à un jet de fumée perçait le voile qui enveloppait la ville.
c C'est Saint-Estève qui tombe , disait David, c'est le palais de Comminges qui croule. >
Le comte se taisait ; une pâleur livide couvrait son visage immobile. Tout à coup un bruit violent domina tous les autres , et une nouvelle bouffée de poussière monta vers le ciel. David poussa un cri de rage , (;t le comte murmura tout bas avec un accent de joie :
c C'est le Capilole qui tombe! »
Le Capitole était le palais où se tenaient les parlements des bourgeois.
Le comte prit par la main l'enfant que David
Roaix avait jusque-là porté dans ses bras, et s'éloigna en disant :
c N'oubliez rien ni Tun ni Tautre. > Olhon piqua vers Beaucaire, et David demeura seul sur la colline. Il y demeura , jusqu^au soir , et deux jours n'étaient pas écoulés que Toulouse n'avait plus de remparts pour l'enceindre , plus de maisons forles dans Tintérieur, à l'exception du château narbonnais , occupé par la garnison de Montfort. Toulouse n'existait plus comme cité redoutable.