‹ Le comte de FoixChapitre 1 sur 26 · II NOTE · texte numérisé non relu

II NOTE

beaux-arts, à la popularité bien acquise, cette popularité qui ne craint pas le jugement dernier de la mort. Dans celte foule empressée autour de ce cercueil rempli avant Theure, on pouvait distinguer tous les noms connus et tous les noms célèbres de la littérature, de la poésie, du journal, du théâtre; car cet homme tant regretté appartenait, par ses succès, par ses études, à toutes les parties de cet art si difficile qui consiste à parler aux hommes la langue qui convient le plus à leur esprit, à leurs passions, à leur imagination, à leur bon sens. Venaient ensuite, mêlés au nombreux ptiblic que Frédéric Soulié avait tenu attentif par le charme tout-puissant de sa parole, les amis de ce poète infortuné, les compagnons de sa jeunesse, les associés de son âge mûr, les honnêtes gens qui l'encourageaient de leurs conseils, hommes considérables dans les deux Chambres, dans le gouvernement et même dans le sein de TAcadémie française; car il était décidé à Tavance que pas un témoignage de sympathie ne manquerait à ce charmant et très-regrettable écrivain, à cette bonne et généreuse nature.

De très-bonne heure, l'église de Sainte-Élisabethdu-Temple avait été envahie par les artistes, par le public de Frédéric Soulié, par les amis inconnus de son génie, par cette partie du monde parisien qui veut tout voir et tout savoir. — Cependant, après bien des efforts, le convoi a pu pénétrer dans Téglise^ et le service a commencé!

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Ce service était conduit par M. Artus, qui avait composé la messe funèbre ; plusieurs parties de cette belle composition ont obtenu Tassentiment unanime. La messe a duré deux heures, et il était près d'une heure lorsque le nombreux cortège s'est remis en marche dans le plus grand ordre; les cordons du poêle étaient tenus par MM. Victor Hugo, le baron Taylor, Buloz, administrateur du Théâtre-Français, et Antony Béraud, le directeur de ce même théâtre de l'Ambigu- Comique, récemment élevé par Frédéric Soulié à la dignité de vrai théâtre littéraire. Le théâtre de FAmbigu-Comique faisait relâche, et, certes, ce théâtre a grandement raison de regretter cette énergique, puissante et féconde inspiration, qui avait tant fait pour le présent, qui donnait tant d'espérances pour l'avenir.

Il nous serait impossible de donner une juste idée de cette pompe étrange, de ce pêle-mêle d'hommes et de visages, de cette réunion imposante de tant de gens qui se connaissaient à peine les uns les autres, et qui même ne s'étaient jamais rencontrés; mais la douleur était la même, et chacun se faisait un devoir d'accepter loyalement le deuil et la douleur de son voisin.

Les boulevards étaient pleins de monde; la foule, toujours croissante, se montrait sur le seuil et aux fenêtres do chaque maison; on n'a jamais vu pareil concours, sinon dans les funérailles politiques, dans les deuils que portent les passions humaines; mais tant (ji'intérét et même tant de curiosité pour un rom&ncier|

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