‹ Le comte de FoixChapitre 26 sur 26 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Il avait à peine prononcé cette parole, qu'un léger tumulte se manifesta dans le camp placé à quelque distance d'eux.

Des hommes en foule s'élancèrent vers Toulouse ; la plupart n'étaient point des soldats ; mais on ne pouvait guère deviner quel était leur dessein.

Le comte, prêt à partir, s'arrêta, et, se tournant vers David Roaix :

— Toi qui as des yeux plus jeunes que les miens, dis-moi quelles sont ces troupes qui vont occuper notre ville ?

— Restez, monseigneur, dit Othon, dont la vue

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perçante avait découvert quels étaient les instruments dont ces hommes étaient armés, et Dieu veuille que votre bon droit, resté vivant en votre personne, ait une défense qui vaille celle que vous allez perdre.

David Roaix parut ne pas comprendre le sens de ces paroles ; mais une demi-heure n'était pas écoulée, que cette foule qui entrait incessamment dans la ville reparut bientôt sur les remparts, et tout aussitôt on vit les pierres des murs s'ébranler et rouler dans les fossés qu'elles comblaient.

D'un autre côté, des travailleurs étaient montés sur les toits des plus riches maisons, et en commençaient de mênie la démolition.

Cette œuvre, lentement commencée et en quelques points seulement, s'étendit bientôt avec une telle rapidité, que, lorsque le soleil fût tout à fait levé, le tumulte était si grand et la poussière si épaisse, que la ville s'enveloppa dans un nuage blanchâtre qui ne permettait plus de rien voir.

Seulement^ on entendait de temps en temps le bruit d*un écroulement, et un flot de poussière pareil à un jet de fumée perçait le voile qui enveloppait la ville.

— C'est Saint- Estève qui tombe, disait David; c'est le palais de Comminges qui croule.

Le comte se taisait ; une pâleur livide couvrait son visage immobile.

Tout à coup un bruit violent domina tous les autres, et une nouvelle bouffée de poussière monta vers le ciel.

David poussa un cri de rage, et le comte murmura tout bas avec un accent de joie :

— C'est le Capitole qui tombe.

Le Capitole était le palais où se tenaient les parlements des bourgeois.

Le comte prit par la main l'enfant que David Roaix avait jusque-là porté dans ses bras, et s'éloigna en disant :

— N'oubliez rien ni Pun ni Fautre.

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Othon piqua vers Beaucaire, et David Roaix demeura seul sur la colline.

Il y demeura jusqu'au soir, et deux jours n'étaient pas écoulés, que Toulouse n'avait plus de remparts pour Tenceindre, plus de maisons fortes dans Tintérieur, à Texception du château Narbonnais, occupé par la garnison de Montfort.

Toulouse n'existait plus comme cité redoutable.

On aura certainement compris que le dénoùment qu'on vient âe lire est non-seu1emei|t incomplet, mais tout au plus indiqué, et que, dans la pensée de l'auteur, il devait être développé de manière à donner une conclusion digne d'elle à cette grande trilogie historique dont le Vicomte de Béxiers et le Comte de Toulouse forment les deux premières parties. La mort, qui a surpris Fréoérig Soolié pendant qu'il achevait ce travail, oblige malheureusement les éditeurs à publier le Comte de foix avec son dénoùment tronqué. Cette lacune ne peut, du reste, que faire regretter davantage l'émlnent écrivain qui a été enlevé aux lettres dans fout l'éciat de sa^renonunée, et, comme on vient de le voir, dans toute la maturité de son talent.

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