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— Je vais en Espagne; je suis un vieillard sans force, les Pyrénées ont des passages difficiles...
— Soit, monseigneur comte, dit Othon, j'aime mieux que ce soit vous que moi.
En parlant ainsi, ils arrivèrent aux portes de la ville, et David Roaix^ s'étant; approché d'eux, de-manda de quel côté ils comptaient se diriger.
Le comte prit à part David Roaix> et, le flattant dans son ambition comme il venait de flatter Othon :
-*«>0h I lui dit-il, si je n'avais besoin de lui pour por« ter mes ordres, je le livrerais à ton épée ; mais patience, David) nous avons tous deux les mémesgriefs, et, le jour où je pourrai reconnaître ceux qui m'ont fidèlement servi, il y aura plus d'une terre et d'une chàtellenie qui passera des nobles aux bourgeois.
Le comte, allant ainsi de l'un à l'autre, arriva enfin sur une hauteur d'où ils pouvaient apercevoir, aux premières clartés du jour, l'armée entière de Simon.
— C*est ici, dit-il tout haut à Othon, que je dois te dire ma dernière volonté ; souviens-toi bien des paroles dont je me sers pour les répéter à mon fils à ton arrivée à Beaucaire.
» J'ordonne à Raymond que, le lendemain du jour où tu seras près de lui, il renvoie à Rome celle qui Ta suivi. Dis-lui bien que, si la comtesse Régina de Norwich reste un jour après ton arrivée dans les murs.de Beaucaire, ma malédiction tombera sur lui, et que jamais il ne sera reconnu ni par moi, ni par ma noblesse, ni par ma bourgeoisie, comme seigneur de la Languedoc.
-— J'obéirai, dit Othon.