‹ Le comte de Frontenac; étude sur le Canada français à la fin du XVIIe siècleChapitre 19 sur 378 · ss. " Récit d'un ami de l'abbé de Gallinée · texte numérisé non relu

ss. " Récit d'un ami de l'abbé de Gallinée

Sulpiciens, dit ce mémoire, La Salle aurait descendu vers l'ouest une grande rivière (l'Ohio), jusqu'au jour où ses hommes, rebutés des difficultés du chemin, l'abandonnèrent. « 11 se vit donc seul à quatre cents lieues de chez lui, où il ne laissa pas de revenir, remontant la rivière, et vivant de chasse, d'herbes et de ce que lui donnèrent les sauvages qu'il rencontra en son chemin *. » C'est donc vraisemblablement sur la fin de ce pénible voyage de retour qu'il rencontra Nicolas Perrot. Quelles avaient été, exactement, ses découvertes? Avait-il acquis la conviction que l'Ohio se déversait à l'ouest dans un fleuve qui menait peut-être au golfe du Mexique sinon à la mer du Sud? Il est sûr seulement qu'il sut gagner la faveur de Talon, récemment revenu au Canada, puisque c'est à lui que l'intendant confie l'une des grandes expéditions, toutes deux officielles cette fois, qui furent dirigées vers l'ouest à la fin de l'été de 1670.

« Ce pays, écrit Talon au roi, en novembre 1670 -, est disposé de telle manière que par le fleuve on peut remonter partout à la faveur des lacs qui portent à la source vers l'ouest et des rivières qui dégorgent dans lui par ses côtés, ouvrant le chemin du nord et du sud. C'est par ce même fleuve qu'on peut espérer de trouver quelque jour l'ouverture au Mexique, et c'est aux premières de ces découvertes que nous avons envoyé, M. de Courcelles et moi, le sieur de La Salle, qui a bien de la chaleur pour ces entreprises, tandis que sur un autre endroit j'ai fait ^ partir le sieur de Saint- Lusson, pour pousser vers l'ouest tant qu'il trouvera de quoi subsister, avec ordre de rechercher soigneusement s'il y a par lacs ou rivières quelque communication avec la mer du Sud qui sépare ce continent de la Chine. » Quoique l'expression « aux premières de ces découvertes » ne soit pas parfaitement claire, il paraît, puisque le but de La Salle n'était pas celui de Sàint-Lusson, que le premier devait se porter plus au sud que le second, et ceci

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