‹ Le comte de Frontenac; étude sur le Canada français à la fin du XVIIe siècleChapitre 198 sur 378 · Voir lettres de Callières, Ar. col., C. G. Can., X · texte numérisé non relu

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4. Voir diverses lettres de Colbert, net. Clément, IIP, 542, 617, 623.

ayant beaucoup étendu le cercle de ses relations indigènes, tout l'art de Frontenac était nécessaire pour maintenir, avec la paix entre les peuples, l'autorité de la France : le Canada, sérieusement attaqué, n'aurait pas pu se défendre ; les murailles du château de Québec tombaient en ruines, les portes en étaient défoncées; Frontenac avait, en 1679, avancé cinq mille livres pour réparations urgentes; l'intendant déclarait n'avoir rien en caisse pour le rembourser, et le gouverneur se croyait tenu de remercier le ministre, comme d'une faveur particulière, parce qu'on lui avait . fait payer ses appointements '. C'est donc de la part de la métropole l'abandon presque absolu ; Frontenac fit si bien pourtant 1 1 que, pendant les dix années de son premier gouvernement, tandis ' que La Salle atteignait les bouches du Mississipi, et ^du Lhut la ,/ région des sources de ce même fleuve, pas- une guerre n'arrêta le~^ merveilleux essor de la Nouvelle-France.

Les Iroquois étaient les intermédiaires obligés entre les établissements français et les nations du haut pays; nous ménager l'amitié de cette belliqueuse confédération, tel est le but que Frontenac s'est toujours proposé; son coup d'oeil ne l'a point trompé sur la valeur singulière de cette région centrale; les Iroquois paisibles, on peut communiquer librement avec toutes les tribus des Lacs, en même temps que l'on ferme la route aux Anglais ; les Iroquois hostiles , les mêmes facilités dont nous sommes aussitôt privés, s'offrent à nos rivaux; ce peuple, par toutes les campagnes précédentes, s'est assuré dans l'Amérique du Nord une situation prépondérante; un gouverneur avisé doit tenir compte des avantages ainsi conquis. L'Iroquois n'a pas peur des Français, écrit le P. de Lamberville à Frontenac; il se jettera sur le Canada dès qu'on lui en donnera sujet ^ L'adresse du gouverneur a été de prévenir toujours ce conflit, sans jamais rien sacrifier de sa dignité.

L'établissement de La Salle au fort Frontenac avait certainement développé les rapports de voisinage des Français avec les Iroquois; le gouverneur général avait pris l'habitude de monter au fort presque tous les ans, comme il le rappelait, en 1682, au moment des plus grandes difficultés, à l'ambassadeur iroquois

1. Lettres au ministre, Ar. col., C. G. Can., V, u, G2; VI, 49.

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