Lettre du 13 nov. 1684, Margry, II
même qui a décidé de passer en France; s'il a demandé quelques soldats, c'était pour renforcer ses gens, et non pour les supplanter; et La Barre, en indiquant que l'explorateur était rappelé par le roi, laissait supposer aux Iroquois que sa découverte n'avait pas été approuvée et qu'on s'inquiéterait peu de ce qui en adviendrait. Ce n'est pas, à la lettre, une provocation directe, c'est une hypocrite insinuation. La Barre, en toute cette affaire, se montre à nous comme un homme sournois, mais sans initiative, sans art, même pour mentir. Il ne prend pas garde que, pour ce qu'il dit de l'occupation du fort, par exemple, il y a contradiction entre ses lettres de 1683 et de 1684 \
Cependant, le mal était fait; la justice tardive rendue à La Salle n'empêchait pas que les Iroquois n'eussent massacré des traitants français et attaqué les postes des Illinois; mais c'étaient partout des agents de La Barre qui avaient été atteints, Baugy au fort Saint-Louis, les associés de la nouvelle compagnie de commerce dans la rivière Théatiki, au sud-ouest du lac Michigan ; le dommage eût été médiocre, si toutes les relations indigènes de la Nouvelle-France n'en avaient été profondément troublées. Au cours de l'année 1684, La Barre va donner la pleine mesure de son incapacité : la guerre iraquoise qui eut lieu alors et les négociations avec les Anglais de la côte dont elle fut l'occasion ou le prétexte vont faire voir quelle était la nullité du gouverneur que la Cour avait nommé pour succéder à Frontenac-