Ar. col., G. G. Can., VI
2. Lettre du P. Nouvel, 23 avril 1684. Id., ici., 523. Cf. Ici., id., 154. — Extrait des lettres pour 1686. Ar. Aff. étr., Fonds Amérique, V, 472. — La Potherie, II, 192.
fasse conspirer au bien commun des rivalités qu'il domine, il n'est plus que le prisonnier d'une coterie dont l'ambition dépasse l'intelligence.
Dans l'hiver de 1683, La Salle était arrivé à Paris; quoique sa découverte rencontrât des incrédules, il avait été bien reçu par Seignelay, même écouté et complimenté par le roi *; on avait résolu de lui confier le commandement d'une expédition nouvelle, sur laquelle on gardait le secret le plus strict; encore une fois, sa constance avait triomphé de la malice de ses ennemis; des lettres sévères, envoyées au Canada par le ministre, dans l'été de 1684, ordonnent aux administrateurs de lui rendre justice. La Salle aurait bien, avant de partir pour la France, obtenu de La Barre la restitution du fort Frontenac, mais il n'avait touché aucune indemnité pour le commerce que l'on y avait fait en fraude de ses droits-. « Le gouverneur général, écrit le roi à Meulles, s'est mis en possession du fort Frontenac qui appartient en propre au sieur de La Salle; il en a chassé les hommes et les bestiaux dudit sieur; il doit, non seulement remettre le fort au légitime propriétaire, mais lui fournir réparation pour tout le préjudice causé » • l'intendant aura soin d'y veiller. Une autre lettre, à La Barre luî^ même, est plus explicite encore : « Je veux, dit le roi, que vous laissiez la possession du fort Frontenac au sieur de La Salle ou / aux gens qui y seront de sa part, et que vous ne fassiez rien contre l'intérêt de cet homme, que je prends sous ma particulière/ protection » ; et le roi renvoyait en Amérique La Forest, pour com-l mander au fort Saint-Louis des Illinois ^ La Barre obéit lente^ ment*; sa réponse aux reproches du roi est pleine d'excuses alambiquées; La Salle, dit-il, ment insolemment, lorsqu'il se prétend victime de spoliations; c'est d'après ses demandes que l'on a envoyé des soldats au fort Frontenac ; les bestiaux qui lui appartenaient n'ont pas été enlevés; jamais les Iroquois n'ont été excités contre lui : « Je leur ai dit seulement que le roi, le temps de sa découverte expiré, voulait le revoir en France *... » Or ceci n'est pas vrai, et permet de juger du reste; c'est La Salle lui-