Id., X. 68. — Voir Ord. roy. de mars 1687. Id., IX
4. Lettre du 31 mai 1686. .Mém. et Doc, I, 362. — Cf. La Ilontan, II, 83. Voir dans une lettre de Denonville (1687) le récit d'un complot formé aux Illinois par di.v Français pour attirer les Anglais au Mississipi (Ar. col., C. G. Can., IX, 135).
ancien cadet dans le régiment de Carignan, s'était fixé jadis au Canada, « sans un sol de patrimoine » : après quelques années, ayant amassé 40 000 livres, il demandait un congé pour se retirer en France; Denonville, qui avait ordre de retenir au Canada tous les habitants, lui refusa la permission; il eût été pourtant d'un bon exemple, au vieux pays, que l'on vît un colon parti pauvre revenir après fortune faite; mais le gouverneur ne discutait ni n'interprétait ses instructions, et Chailly s'enfuit alors à Orange, d'où il gagna la France; il y acheta une terre aux environs de la Rochelle; il serait aisé, dit Denonville, de le trouver et de lui infliger mille écus d'amende, car non seulement il a déserté, mais il a livré à Dongan le secret de plusieurs projets du gouverneur de Québec'. Il est clair, dans l'espèce, que Denonville avait eu tort de ne point autoriser la rentrée régulière en France du sieur de Chailly; mais est-ce l'impunité laissée à ce personnage qui encouragea les désertions de nos colons à New- York? Combien s'y réfugiaient, non point pour passer librement en France, mais pour faire un commerce de contrebande très lucratif? Pour les réduire, les rigueurs ne suffisaient pas; mieux valait, en améliorant les conditions du pays, leur ofl"rir les moyens de s'enrichir aussi facilement que dans la Nouvelle-Angleterre, mais Denonville, tout entier à ses fonctions militaires, laissait à son intendant le soin de développer le commerce; en attendant, les déserteurs étaient fort dangereux pour la colonie, car, gêné par leurs rapports, il était fort difficile au gouverneur de préparer une expédition dont la soudaineté devait être l'élément principal de succès.
Denonville, cependant, ne perdait point courage, et défendait point par point les droits de la France, contestés par les lettres de Dongan ; le gouverneur de New-York écrivait tantôt en anglais, tantôt en latin; Denonville répondait toujours en français et d'un bon style. Quelque temps après l'expédition de La Barre, les armes du duc d'York avaient été plantées chez les Tsonnontouans, comme auparavant chez les Onnontagués; puis, Dongan envoyait des partis au delà des Lacs, jusqu'auprès de Michillimackinac, pour capter le commerce de ces régions. Le gouverneur français au contraire élevait-il un petit poste à Niagara?Dongan en demandait aussitôt la destruction; bien plus, il réclamait des explications