‹ Le comte de FrontenacChapitre 102 sur 358 · Clément, IIP · texte numérisé non relu

Clément, IIP

Tévéque; mais ce n'est là qu'une clause de style, car le chapitre de Québec ne fut organisé que dix ans plus tard *. Dès 1677, pourtant, la question était à Tétude; la Curie romaine délivra, le 23 août de cette année, une bulle « pour les degrés et dignités du chapitre ' » et Ton se demandait, parmi les familiers de Tévêque, sous quelle forme le chapitre serait constitué : le grand vicaire Dudouyt, qui était alors à Paris une sorte de plénipotentiaire de Mp" Laval, indique très explicitement ce que Ton doit se proposer par cette création ' : il faut rendre l'évèque plus puissant, sans que la cour s'arroge le droit d'intervenir auprès de lui, sous prétexte de nommer ses assesseurs; à cet effet, on doit n'attribuer au chapitre que des menses monacales, parce que, « cette portion étant purement ecclésiastique », le roi ne pourra prétendre conférer les canonicats et dignités. On voit que le grand vicaire se méûaitdu pouvoir civil; il était pourtant reçu à la cour, grâce à de puissants protecteurs, comme le financier Bellinzani S qui s'était fait son introducteur; il avait obtenu plusieurs entretiens avec Colbert. Mais le ministre, malgré tout, n'était guère encourageant. « L'év'êque de Québec, disait-il, veut profiter de ce qu'il est loin du soleil pour entreprendre sur l'autorité » ; déjà l'année précédente, le roi recommandait à Frontenac de veiller à ce que les prières publiques pour sa personne fussent dites, selon la coutume, dans toutes les églises de la Nouvelle- France ^; le régime du roi Très Chrétien était-il donc alors de ceux pour lesquels certains ministres du culte n'osent point prier en public? Pour des raisons inverses de celles de l'abbé Dudouyt et, sans doute, par des procédés différents, Frontenac aurait voulu constituer le chapitre de Québec; il eût été fort utile à son autorité que l'évèque fût entouré de quelques dignitaires nommés par le roi. Mais Laval, bien conseillé, ne se pressait point; dans sa lettre du 6 novembre 1679, Frontenac se plaint que le chapitre de la cathédrale de Québec soit « imaginaire et de nom seulement,

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