Jug. du C. S., Il
II nV avait en 1675 au Canada qu'une seule cure fixe, celle de Notre-Dame de Québec, érigée en 1664 par >!«•• Laval, alors évéque de Pétrée, et desservie par l'abbé Henri de Dernières; partout ailleurs, le service du culte cHait fait « par voie de mission », c'est-à-dire par des prêtres du séminaire ou par des religieux sans résidence attitrée, dont les tournées étaient réglées sans contrôle par Tévêque ou les supérieurs; les documents donnent parfois à ces ecclésiastiques le nom de curés; ce sont, en fait, des missionnaires; Té vèque lui-même les appelait ainsi, pour les enga- ^r «c à mieux conserver Tesprit de détachement et de zèle et à se souvenir de leur origine apostolique » ^ Les habitants devaient payer une dime aux supérieurs du séminaire, qui la réparti ssaient à leur gré; mais, dés le principe, des protestations s'étaient élevées; la dime du treizième, fixée d'abord, parut trop lourde aux contribuables; on l'abaissa de moitié; de plus, les terres nouvellement défrichées en furent exemptes pour cinq ans, et le prélève- I ment dut être fait sur le blé en grains et non en gerbes (1667). C'était rendre la dîme presque illusoire : le cultivateur rentrait son blé après la récolte, mais ne battait qu'au fur et à mesure de ses besoins; au printemps, le moment venu de s'acquitter envers les prêtres, il n'avait plus de grain, ou en avait consommé la plus grande partie; le prélèvement d'une dime régulière était, dans ces conditions, à peu près impossible '; à diverses reprises le clergé tenta de faire rétablir les dîmes au treizième, et sur les gerbes; mais le Conseil de Québec s'y opposa toujours et, sur appel, le Conseil du Roi lui donna déOnitivement raison (1707). Le séminaire ne recevait donc des habitants, pour assurer le service religieux, que des subsides très faibles; par lui-même il n'était pas riche, puisqu'il ne possédait au temps de La Potherie que i300 livres de reate fixe, et les revenus de la seigneurie de Deaupré; c'était peu, pour toutes les charges qu'il avait assumées; car il s'était engagé à « nourrir et entretenir tous les curés, tant dans les cures que lorsqu'ils seraient appelés au séminaire, l'évêque ayant le droit de les retirer comme il jugeait à propos, et d'en faire venir de France aux frais de la communauté » '. C'était alors l'évêque qui,
i. La Tour, Vie de M" Laval, 149.
2. M., id., i5'J. — Voir un résumé de la question des dîmes dans Charlevoix, 1, 3U1 ss.