Clément, III
4. Ceci ressort du rapprochement d'une lettre de Talon, 29 août 1670 (Ar. col., C. G. Can., III, 70) avec le texte de Nicolas Perrot (p. 126) qui est ici témoin oculaire. — Une note marginale ajoutée à des « Extraits des délibérations... du Conseil de Québec » (Ar. col., C. G. Can., II, 71 ss.) est ainsi conçue : « On ne trouve point qu'il ait été enregistré de nouvelle commission d'intendant pour M. Talon au lieu de M. de Bouteroue, ni qu'il y ait eu d'arrêt qui en ait ordonné l'enregistrement ».
13 mai 1G69 *, qu'il n'y a rien de plus important pour le service de Sa Majesté que d'employer toute Fautorité que vous avez en main et toute votre industrie pour augmenter le nombre des habitants. » Et Ton retrouve cette invitation, pressante, dans nombre d'autres lettres à. Courcelles, à Talon, même à Tévêque de Pétrée '. Mais le ministre ne se bornait pas à donner des conseils; il agissait, et Talon, avec son approbation, réunissait un grand nombre d'émigrants qui partirent de France en 4669. L'intendant était alors à la Rochelle, où nous le voyons contrôler de très près le recrutement. On renvoya d'abord six compagnies du régiment de Carignan-Salières que Tracy avait ramenées du Canada, soit trente officiers gentilshommes et trois cents soldats; il est donc probable que l'essai de colonisation militaire de 1667 avait réussi. De plus, d'autres vaisseaux emmenèrent trois à quatre cents personnes, dont cent cinquante jeunes filles en âge d'être mariées. Colbert estime à 200 000 livres l'argent ainsi dépensé dans les cinq premiers mois de l'année 1669 ^. Un arrêt du Conseil du 3 avril 4669 * accordait diverses faveurs « en considération de la fécondité des familles et des garçons qui se marieraient à vingt ans et au-dessous, et les filles à quinze ». En février 4670, Colbert écrivait à Tarchevêque de Rouen, Harlay de Champvallon, le priant d'intervenir, ainsi que ses curés, pour décider déjeunes paysannes à se faire transporter au Canada *. Un fonds spécial, renouvelé tous les ans, était destiné au voyage de ces émigrants, et les administrateurs du Canada devaient soigneusement empêcher les colons « habitués » de revenir en France sans autorisation formelle ^. Il y eut là, pendant sept à huit ans, un mouvement régulier dirigé par le ministre, surveillé par Talon, qui doubla la population canadienne, et la porta, en 1674, à plus de 6000 habitants "'. On relevait la même année 700 baptêmes \