Gosselin
4. Le P. Sixte, Récollet, assurait à l'intendant de Meulles, successeur de Duchcsneau, qu'il vivait parfaitement bien, à Trois-Rivières, avec une cure qui ne rapportait pas 300 livres, et qu'il envoyait môme chaque année au moins 100 livres à son couvent (Meulles au ministre, 4 nov. 1683. Âr. col., C. G. Can., VI, 185). Ce religieux ne tient sans doute pas compte des revenus en nature. — Cf. ci-dessous, p. 261.
furent-elles écartées par M*' Laval; la Cour ne jugea pas utile de donner tort à Tévêque; et cependant ses partisans craignaient d'autant plus un désaveu que les Récollets avaient leur principal établissement h Versailles et passaient pour très influents auprès de certains ministres *.
Le roi du moins leur prouva son intérêt en leur concédant « une place située à la Haute Ville, où était ci-devant la sénéchaussée de Québec ' » ; Tévêque leur permit d'y élever une chapelle avec une petite infirmerie pour leurs malades '; mais, comme le dit Tabbé La Tour, « entre les mains de religieux, tout est un germe fécond » ; en quelques mois, l'infirmerie devint un hospice et la chapelle une paroisse ; les prédicateurs Récollets ne s*interdisaient plus les allusions politiques, et Tun d'eux, le P. Adrian, osa parler en chaire de cabales contre le gouverneur général. C'en était trop pour que Tévèque supportât leurs empiétements : les Récollets de la haute ville durent restreindre leurs services; on obtint même du roi un ordre pour leur faire démolir le clocher de l'église qu'ils avaient élevée; menacés de se voir interdits dans tout le diocèse, ils cédèrent, mais non sans protestations, et leur affaire ne fut accommodée qu'en 1693 par M^'Saint- Vallier, successeur de Laval *.
Dira-t-on que ces religieux n'étaient pas dignes de la confiance de l'évêque? Mais l'abbé La Tour lui-même loue la piété de leurs premiers missionnaires, et ne fait quelques réserves que pour le cas du P. Ëustache Maupassant. La vraie raison de cette hostilité, c'est que les Récollets, puissants auprès du gouverneur général, étaient des rivaux dangereux pour l'évêque et le séminaire; on les accusait de n'être point assez scrupuleux, comme directeurs des consciences, et de ne point condamner, autour du gouverneur général, des dérèglements scandaleux. Ce reproche est-il très bien placé dans la bouche des amis des Jésuites, au moment où les Pères de cet ordre, confesseurs de Louis XIV, toléraieut obligeamment à Versailles ce qu'ils blâmaient si fort à Québec? Si les Jésuites n'avaient pas tort en France, pourquoi donc les