‹ Le comte de FrontenacChapitre 114 sur 358 · Mandements.,. 1, 103. — Cf. Margry, I, 18 ss · texte numérisé non relu

Mandements.,. 1, 103. — Cf. Margry, I, 18 ss

4. Ar. col., M. S. M., IV. — Voir aussi La Tour, 199 ss. — Gosselin, II, 99.

Récollets n*auraient-îls pas eu raison au Canada? Présentée ainsi^ la question essentielle apparaît, toujours la même : quels seront les maîtres du Canada? Les Récollets se seraient volontiers associés à l'œuvre du pouvoir civil; c'était, en effet, pour eux, le seul moyen de s'établir en face d'un clergé puissant par une possession déjà ancienne et très jaloux de son autorité; d'autre part, l'évéque, le séminaire, les Jésuites s'unissaient pour la résistance; l'évêque consentait bien à fixer quelques cures, lorsque les habitants s'y prêtaient ; mais l'abbé La Tour, qui voudrait prouver sa bonne volonté d'obéir aux ordres de la Cour, avoue lui-même que « ce petit nombre de fixations étaient faites, ce semble, pour amuser le roi ^ ». Les Récollets se présentaient-ils? On alléguait contre eux la pauvreté des peuples, qui ne pourraient les entretenir sans diminuer leurs subventions aux prêtres déjà établis; on leur suscitait mille difficultés '; pourtant ces religieux, en cherchant à multiplier leurs fondations, imitaient la conduite de leurs rivaux, les Jésuites.

Seuls, au Canada, les Sulpiciens de Montréal avaient le goût d'une existence médiocre, digne et toujours égale. Frontenac leur rend justice, ainsi qu'aux Rccollets, dans sa lettre au ministre pour 1681 ^. Il est curieux d'observer l'attitude du séminaire de Québec vis-à-vis de cette compagnie. Lorsque Laval était revenu dans la Nouvelle-France, en 1675, il avait tenté d'affilier les Sulpiciens, comme les prêtres de son séminaire, à la Société des Missions Etrangères de Paris; l'abbé Tronson, supérieur général de Saint-Sulpice, ne se laissa point persuader : son ordre n'avait pas le même caractère, ne se proposait pas le même objet que les Missions Étrangères; au lieu de conclure une union, dans laquelle les moins forts auraient aliéné leur liberté, mieux valait conserver, avec une mutuelle indépendance, des rapports de collaboration spontanée et de bon voisinage ^. C'est ce qui eut lieu; mais on peut voir par la correspondance de l'abbé Dudouyt * que l'évêque redoutait autant les Sulpiciens que les Récollets. Frontenac, au début, avait eu quelques difficultés avec les Sulpiciens;

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