‹ Le comte de FrontenacChapitre 120 sur 358 · W., C. G. Can., V · texte numérisé non relu

W., C. G. Can., V

la véritable bataille va s'engager bientôt ; nous y verrons Frontenac en face des conseillers de Québec, dans Tattitude d'un souverain. La Hontan l'écrivait en 1684 : « Il traitait les membres de ce parlement comme Gromwell ceux d'Angleterre *. »

La crise s'ouvrit en février 1679 * : le grefûer du conseil, Peuvret, reçut un jour l'ordre du gouverneur général de l'intituler désormais dans les procès-verbaux des séances, chef et président du Conseil, et de modifier selon ce protocole les formules antérieures qui n'y seraient point conformes. Peuvret, assoupli par sa détention récente, ne se fît point prier, mais le 27 février l'intendant Duchesneau se hâtait de dénoncer au Conseil ce qu'il regardait comme une insolente innovation. Duchesneau prétendait avoir le titre en même temps que le rôle effectif de président, et Frontenac avait ordonné qu'on écrivît désormais « l'intendant, faisant aussi fonction de président » ; il tenait à faire sentir à Duchesneau sa condition de subordonné; mais celui-ci, tenace et minutieux comme un vieux commis, allègue, pour résister, les intentions de Colbert, les coutumes de France, les termes mêmes de sa commission.

Le détail de la querelle n'aurait point d'intérêt, si Ton n'en retenait surtout quelle fut, devant ces ambitions rivales de deux fonctionnaires métropolitains, l'attitude des conseillers, colons depuis longtemps établis, trop peu payés par le roi pour consacrer aux affaires de justice le meilleur de leur temps; tous s'occupaient surtout d'agriculture ou de commerce ^; c'est d'eux que vinrent, dès le début, les conseils de modération ; l'intendant afficha bien son désir de tout régler sans violence, mais les emportements de Frontenac lui permettaient de montrer sans danger les intentions les plus conciliantes; tel l'évêque publiant son empressement à fixer les cures, alors qu'il savait bien comment la négligence des habitants le dispenserait d'agir selon ses dires et contrairement à ses goûts.

De 1675 à 1678, le protocole du Conseil Souverain n'avait pas été

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