Jug. du C. S., II
2. Défense de Frontenac par un de ses amis. Ar. col., C. G. Gan., V, 279. — M. T. P. Bcdard attribue ce mémoire à la comtesse de Frontenac; ce n'est là qu'une hypothèse, d'ailleurs vraisemblable.
la conduite de Duchesneau, ni quels services l'avaient désigné pour l'intendance du Canada ' ; mais, du jour où il eut débarqué en Amérique, sa maxime constante semble avoir été de contrecarrer en tout la politique du gouverneur général. Peut-être lui pardonnerait-on si, comme Tévêque Laval, il luttait au grand jour, violent mais sincère et brave jusque dans ses colères; Duchesneau n'a rien des hommes de cette allure; il est faux, obséquieux et plat; il suffit de lire ses mémoires à Golbert, ou même les réponses de ce ministre, pour se convaincre qu'on est en face d'un personnage inférieur d'intelligence et de caractère, qui pouvait être tout au plus un bon commis subalterne. « Vous parlez dans vos lettres, lui écrit Colbert, comme si M. de Frontenac avait toujours tort, et vous êtes persuadé qu'il ne doit rien faire dans l'exercice et dans les fonctions du pouvoir que le roi lui a donne, que de concert avec vous; enfin, il paraît que vous vous mettez toujours en parallèle avec lui... 11 vous faut bien éclaircir de la différence entre un gouverneur et lieutenant général du pays, qui représente la personne du Roi, et un intendant...; vous ne devez rien faire dans vos fonctions que d'accord avec lui *... » Il n'est pour ainsi dire pas une lettre où Colbert ne rappelle à Duchesneau qu*il doit au gouverneur général une stricte déférence; et le ministre écrit alors, comme on a pu le voir par la citation qui précède, sur un ton sec et quelque peu méprisant. Il en use autrement avec Frontenac qu*il a toujours ménagé; même plus tard lorsque Seignelay rédige la correspondance des colonies, depuis 1681, les lettres au gouverneur formulent les reproches de la Cour avec une certaine réserve; le ministre ne commande pas, il conseille, il exhorte ^; il prévient le gouverneur général qu'il s'expose, en ne modifiant point sa conduite, à un rappel prochain ; mais malgré tout, un sentiment d'estime et presque de respect perce sous ces remarques; il semble que, suivant les habitudes de son père, Seignelay veuille laisser entendre qu'il s'adresse à un homme supérieur, dont les faiblesses mêmes ne sont point sans excuses.
1. Duchesueau avait été employé dans la généralité de Tours (Clément, III*, 594); cependant M. Tarchiviste départemental d'Indre-et-Loire ne connaît dans son ressort aucune pièce où il soit question de ce personnage.
•2. LeUre du 20 avril 1679. Clément, 111^, 638.