Id., C. G. Can
mine que JoUiet et Péré allaient découvrir, lorsqu'ils partirent vers l'ouest en 1669. D'autre part, des ingénieurs envoyés par Colbert, à la demande de l'intendant, relevèrent des gisements de fer alla baie de Saint-Paul et près de Trois-Rivières *. Dans le mémoire qu'il rédigeait en novembre 1671, alors qu'il venait de solliciter un congé définitif. Talon disait encore que, d'après les indices recueillis, il devait y avoir au Canada des mines abondantes de plomb, de fer et de cuivre : ce sont celles que Ton exploite aujourd'hui sur les bords du lac Supérieur et du lac Champlain; il n'a pas tenu aux administrateurs de 1670 que le Canada français n'en ait eu dès lors le bénéfice.
Courcclles et Talon ne se bornaient pas à faire respecter les Français par les Iroquois et à travailler au progrès économique du pays qu'ils gouvernaient : ils entendaient encore lui ouvrir les voies de son développement futur, assurant ainsi, pour l'avenir, la prépondérance française dans le Nord-Amérique. Un très intéressant document des Archives coloniales, intitulé, sans nom d'auteur. Mémoire dun missionnaire •, observe que, de toutes les nations européennes qui ont des établissements dans cette partie du monde, les Français seuls se sont avancés dans l'intérieur : les Espagnols de la Floride, les Anglais et les Hollandais n'ont « aucune connaissance de la profondeur des terres; ils se contentent de se tenir le long] de la mer; les Français, au contraire, ont porté leur colonie jusque sur Montréal, qui est deux cents lieues avant dans la Rivière. »
Cette supériorité, qu'explique la valeur du Saint -Laurent comme chemin de pénétration, sera mieux marquée encore après les expéditions que Talon et Courcelles envoient, d'après un plan méthodique, au nord sur la baie d'Hudson, à l'ouest vers les Lacs, à Test vers les tribus abénaquises de l'Acadie. Deux étaient parties vers Touest dès Tété de 1669 : l'une, officielle, encouragée par des subventions royales, l'autre indépendante et presque suspecte au gouvernement. La première est celle de Jolliet et Péré; la seconde celle des Sulpiciens Dollier de Casson et Gallinée, qu'accompagnait au début Robert Cavelier de la Salle.