‹ Le comte de FrontenacChapitre 15 sur 358 · La Polherie, 1, 287. — Margry, I · texte numérisé non relu

La Polherie, 1, 287. — Margry, I

2. Classé à la Correspondance Générale, avec les documents de 1671 (111, 192-211).

L'exploration de Jollîet et Péré * fut remarquablement lente, puisque, partie de Montréal avant les Sulpiciens, c*est-à-dire avant le 6 juillet, elle n'avait pas encore dépassé, le 24 septembre, la région occidentale du lac Ontario où les Sulpiciens la rattrapèrent. Le plan tracé à Jolliet était de monter jusque dans le lac Supérieur pour découvrir un gisement de cuivre dont le minerai paraissait d'excellente qualité. En fait, l'expédition n'alla pas si loin; tandis qu'à Québec on l'attendait avant l'hivernage, elle s'arrêta longuement au SautSainte-Marie, à la mission des Jésuites. DoUier de Casson et Gallinée, abandonnant La Salle, s'étaient joints à Jolliet depuis le 1*' octobre. Avec eux Jolliet regagna Montréal dans l'été de 1670, tandis que Péré demeurait parmi les Pères de la mission. Talon se plaint, lorsqu'il étudie à son retour les progrès accomplis, que les lettres de Péré soient fort obscures, « ce qui donne lieu de douter qu'on n'ait retardé la connaissance qu'il devait prendre de cette mine et empêché qu'il ne communiquât ses lumières dans leur pureté ». Un seul résultat pratique avait été atteint : un Iroquois prisonnier des Outaouais, dont Jolliet avait obtenu la liberté, lui enseigna un chemin, jusqu'alors inconnu des Français, pour aller des Outaouais au pays des Iroquois, par eau, avec un portage d'une demi-lieue seulement; c'est la route des Grands Lacs, coupée par la cataracte de Niagara, que Jolliet devait reconnaître trois ans plus tard.

En 1669, La Salle était établi à trois lieues en amont de Montréal, sur une concession reçue des Sulpiciens, seigneurs de l'île, et que l'on appelait la Chine, Son idée favorite, son rêve, pourrait-on dire, était de partir de là vers l'ouest, pour traverser l'Amérique de part en part et trouver un chemin vers l'Asie orientale; de là, le nom donné à son domaine. Il réussit à convaincre un Sulpicien, l'abbé Dollier de Casson, et tous deux se disposèrent à partir vers l'ouest. La Salle avait vendu presque tous ses biens, comme s'il comptait faire un long voyage *. Mais l'abbé de Queylus, supérieur de Saint-Sulpîce, ne voulut pas laisser Dollier partir seul avec lui ; craignant « l'humeur légère » de La Salle, il adjoignit à Dollier un diacre de son ordre, l'abbé Gallinée, dont les connais-

1. Voir les documents publiés au tome I de Margry, particulier, p. 81, 88,

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