‹ Le comte de FrontenacChapitre 140 sur 358 · Juff. du C. S., II · texte numérisé non relu

Juff. du C. S., II

2. Cf. lettre citée de Dudouyt, XCIX ss. — Lettres de Colbert des !«' et 10 mai 1677. aément, IIP, 620 et 633.

genS'là, et qu'ils soient seulement un peu plus sujets à s'enivrer qae ne sont les Allemands et ici, en France, les Bretons, Sa Majesté veut que vous employiez son autorité, non pour rien prononcer directement contre l'autorité épiscopale, mais seulement pour empêcher par l'autorité royale que Pépiscopale n'entreprenne rien en dehors de l'Église sur une matière qui est purement de folice • et sujette aux lois et règlements qui sont et peuvent être établis par les juges, et aux peines qu'ils contiennent. » La véritable doctrine du gouvernement est formulée dans ce passage, dont on n'a pas à retrancher un mot. La matière est de police, et non d'église, mais on admettra qu'il en eût coûté, d'admettre cette abdication, aux ecclésiastiques pour lesquels le Canada devait rester la terre privilégiée d'un peuple tout chrétien.

Provisoirement cependant le régime de la suppression des congés était maintenu, et Frontenac commence en le constatant sa lettre de 1677 *; mais Colbert avait compris sa faute et l'accueil qu'il Gt à Dudouyt laisse deviner qu'il est prêt à changer de politique; le grand vicaire en a le soupçon; il recommande à Tévéque de ne pas « excommunier les traiteurs, cette année », pour ne pas irriter le ministre; il ne cède pas sur les principes, puisqu'il indique quels arguments on devra présenter au roi dans les mémoires envoyés du Canada contre la traite : il faut insister sur la ruine deségUses d'Acadie,due à l'ivrognerie des sauvages; mais il ouvre la voie à un compromis, puisqu'il parle d'organiser un trafic modéré des boissons, comme à Tadoussac '. Il y a là, en effet, une bien curieuse exception; tandis que partout ailleurs les ecclésiastiques combattaient le trafic de l'eau-de-vie, ils l'autorisaient à Tadoussac. C'est que, dans ce poste, la traite était monopolisée aux mains des agents de la ferme*; le gouverneur général n'avait pas de congés à leur donner, ni de défenses à leur transmettre. Nous n'avons aucune raison de croire que les sauvages des environs de cette station fussent plus sobres que ceux du haut pays; l'immunité dont les traitants jouissaient à Tadoussac, vis-à-vis

!. L^Université de Toulouse, puis la Sorbonne, consultées, s*étaieQt pro- QODcées Tune pour, Tautre contre la veute des spiritueux aux sauvages (Lettre de Dudouyt. — Le Tac, 187).

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