d., id., 359, et M. S. M., Mém
(litions de du Lhut, de La Salle avaient étendu le champ d'exploitation des coureurs de bois; Montréal, plus que Québec, en avait les profits; si, de plus, la contrebande avec les Anglais était nulle part. facile et lucrative, c'était bien à Montréal. Des deux villes rivales, chacune représentait un des principes nécessaires du développement de la Nouvelle-France; il fallait, pour concilier ces intérêts divers et prévenir des conflits graves, beaucoup d'esprit politique et beaucoup d'énergie ; seul peut-être, à son époque, Frontenac comprenait cette situation; ni Duchesneau, très médiocre esprit, ni M^' Laval, trop raide dans l'austérité de ses vertus, n'en avaient le sens comme lui.
Peu de temps après Tordonnance royale de 1679, Frontenac recommandait au Conseil de procéder avec rigueur contre les coureurs de bois insoumis; déjà, l'année précédente, de grosses amendes avaient été prononcées contre trois d'entre eux, Pierre et Louis Lemieux, et François llerteP. Mais, dans l'été de 1680, des événements plus graves se produisirent : une sédition éclata à Montréal, et Ton accusa le gouverneur même de cette ville d'en avoir été Tinsligateur '. Perrot s'en défendit vivement, mais il n'est pas vraisemblable que la cause de l'émeute soit, comme il le dit, l'indignation des habitants, à la nouvelle qu'il lui était désormais défendu d'emprisonner les particuliers sans ordre exprès du gouverneur général ou décision du Conseil Souverain '. Plus probablement, Frontenac avait voulu faire sentir aux Montréalais leur dépendance, et Perrot, renouvelant ses exploits de 1674, s'était mis à la tête d'un mouvement de protestation.
Le (Conseil Souverain *, sur l'avis de Frontenac, envoie dès le mois d'octobre un de ses membres, La Martinière, pour informer sur ces incidents; de tous côtés, des plaintes arrivaient : c'était Boisseau, l'un des agents de la ferme, qui dénonçait la contrebande faite avec les Anglais; c'était un sieur Bouthier, commis d'un négociant de France, que Perrot aurait roué de coups, pendant la f(^ire de Mt>ntréal. Bref, l'affaire prenait de grandes proportions, et nous savons que la conduite de Perrot fut l'objet