‹ Le comte de FrontenacChapitre 147 sur 358 · Jug. du C. S., II, 441, 548, 563 &s · texte numérisé non relu

Jug. du C. S., II, 441, 548, 563 &s

Lk TRAITE ET LES COUREURS DE BOIS 187

d'un rapport au roi '. Mais il eût fallu plus que jamais, dans une telle circonstance, que l'entente fût complète entre le gouverneur et le Conseil; à ce prix seulement, la répression des perturbateurs eût été assurée : les conseillers ne le comprennent pas, puisque, précisément alors, ils lancent le procès de Louis Boulduc '. L'accord est donc aussitôt rompu, c'est-à-dire que le Conseil, heureux de faire pièce au gouverneur, tout en jouant d'autorité vis-à-vis des gens de Montréal, perd toute notion de la mesure indispensable, et rend des arrêts tels que Frontenac est contraint d'en combattre l'exécution, pour prévenir une sécession, certainement menaçante, entre Québec et Montréal.

Le î26 avril 1681, le Conseil ajournait personnellement Pcrrot, gouverneur de Montréal, et plusieurs habitants, tous membres des principales familles de celte ville, Migeon, Lebert, d'Aillebousty Boucher, Repentigny, Saint-Ours, La Valtrie, Verchères, Sainte-Hélène, Sorel, Brucy, Berthier, etc. Une décision de ce genre était, du Conseil de Québec à Montréal, une véritable déclaration de guerre : les griefs, assurément, ne manquaient pas, car, pour ces libres colons du poste avancé de la Nouvelle-France, les ordonnances royales ne comptaient guère. Mais Frontenac trouvait en eux, pour sa politique indigène, des auxiliaires dont il ne pouvait se passer; aussi, dès qu'il connut les intentions du Conseil, fit-il tous ses efforts pour empêcher les magistrats de prendre la direction de cette affaire.

11 avait accepté d'abord que deux d'entre eux fussent délégués à Montréal pour continuer l'instruction; mais il entendait présider la délégation, « en tant que besoin serait de prêter mainforte », disait-il. D'ailleurs, il n'admettait pas qu'on eût décerné d'ajournement contre Perrot, puisque le roi avait été spécialement saisi de son cas. Le Conseil réuni le 2 mai ne veut pas se soumettre : plutôt que de souscrire aux conditions de Frontenac, il préfère surseoir à l'exécution de l'arrêt du 20 avril jusqu'à réception des lettres du roi. L'intendant, alors, prend la parole; il expose que l'affaire est de la compétence exclusive du Conseil; LaMartinière, dans sa dernière enquête, a constaté des faits graves; le seul moyen d'aboutir est de lui confirmer les pouvoirs qu'on lui

1. Ceci ressort des documents du Conseil, car nous n'avons pas la lellre de Frontenac au ministre pour 1680.

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