‹ Le comte de FrontenacChapitre 150 sur 358 · Ar. col., C. G. Can., VI · texte numérisé non relu

Ar. col., C. G. Can., VI

naissance des délits de traite était réservée désormais au Conseil Souverain, comme si le ministre avait voulu prévenir de noU'* velles disputes entre gouverneur et intendant. Toutefois, comme le Conseil ne disposait pas des mêmes ressources que Frontenac et que celui-ci déclarait prendre sur lui toute la responsabilité de Texécution, les magistrats finirent par lui abandonner le soin de promulguer les édits royaux dans le haut pays. Ils insistèrent seulement pour qu'une date fût finée, — le mois de juillet 168Î, — au delà de laquelle les coureurs ne pourraient plus proGter de la clémence royale. Frontenac ayant, après enquête, noté que les plus éloignés d'entre eux ne pourraient être revenus avant le mois d'août, le Conseil, en adoptant la date d'abord proposée, ajouta une réserve « pour les coureurs qui sont aux Sioux et aux Assinibouelles* ». Comme de juste, l'amnistie avait rendu caduques toutes les poursuites antérieurement engagées.

Depuis l'ordonnance de 1681, les congés furent a des permissions par écrit que les gouverneurs généraux accordent, par ordre du roi, aux pauvres gentilshommes et aux vieux ofBciers chargés d'enfants, afm qu'ils puissent envoyer des marchandises dans les Lacs* ». Le plus souvent, le bénéficiaire vendait ou affermait son congé à des marchands; en 1683, La Chesnaye et trois associés en avaient ainsi acheté douze, pour aller aux Outaouais'; le gouvernement donnait donc un congé de traite comme, de nos jours, un bureau de tabac; c'était une manière de faire contribuer le commerce des pelleteries aux travaux de la colonisation proprement dite. Les fermiers devaient y perdre, puisqu'il leur fallait maintenant acheter aux particuliers des permissions de traite, qu'ils obtenaient jadis à meilleur compte; d'autre part, en limitant le nombre des intermédiaires par lesquels la pelleterie était envoyée en France, le régime des vingt-cinq congés rendait plus facile une coalition pour maintenir les hauts prix en face de la ferme. Les plaintes ne manquèrent pas de s'élever, et Duchesneau s'en fit l'écho; lui, qui n'avait cessé jusqu'alors de déclarer les coureurs de bois dangereux, assure maintenant que, sans eux, « on ne peut fournir aux fermiers ce qu'ils doivent faire passer de castor en France; presque toute la pelleterie est tombée dans trois ou quatre

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