Voir lielat, de Tonty, Margry, I
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avaient déserté; des indigènes lui avaient dit que La Salle était mort; il venait de partir pour chercher des nouvelles à Michillimackinac, lorsqu'on l'informa que Tarmée des Iroquois, forte de six à sept cents hommes, était proche. Continuer sa route eiH été autoriser le soupçon qu'il était d'accord avec l'Iroquois et se retirait pour lui laisser le champ libre; bravement, Tonty fit face au péril. Le jour de la bataille, les deux troupes de sauvages étant rangées en face Tune de l'autre, il s'avança portant un collier de porcelaine vers les guerriers iroquois; mais, avant qu'il eût eu le temps de faire entendre des paroles de paix, il tombait dangereusement blessé d*un coup de poignard ; à cette vue, les Illinois se lancent sur leurs adversaires; ils sont dirigés par les Français, compagnons de Tonty; les Iroquois, se sentant battus, arrêtent la lutte, et pendant plusieurs jours, des négociations sont engagées. Vainement Tonty voudrait que l'on comprît les Illinois dans la paix; on lui fait des excuses, on lui offre des présents qu'il repousse, mais, lorsque les Iroquois sont prêts à reprendre la lutte, ils rembarquent avec ses hommes, et l'éloignent ainsi du théâtre du conflit. Ils avaient eu soin de lui demander une lettre pour Frontenac, où il attesterait que les Français avaient été épargnés; rien ne prouve mieux que ce détail combien le gouverneur avait ÂU prendre d'autorité sur l'esprit de ses belliqueux voisins. Tandis que Tonty, dépouillé de tout, arrivait à grand'pcine sur la baie des Puants pour y passer l'hiver, les Iroquois ravageaient sans merci le pays des Illinois; quand La Salle y revint, au mois de décembre, les pillards étaient partis, ne laissant derrière eux qae des ruines et des corps mutilés sans sépulture ^
Ces incidents avaient eu lieu trop tard pour que Frontenac pût
en informer le ministre par le courrier de 1G80; mais il en parle
dans sa lettre de 1681 ", et demande en France un renfort de
cinq ou six cents hommes pour parer à tout événement; il a
donné rendez-vous aux Iroquois pour tenter de les apaiser,
comme il y a plusieurs fois déjà réussi, mais ce sera difficile,
car, tout récemment, un nouvel attentat vient d'aviver la haine
entre eux et les Illinois; à la suite d'une rixe de sauvages, près
de la mission des Jésuites du Saut-Sainte-Marie, un notable chef
1. Relat. de La Salie. Margry, I, 571. î- Ar. col., C. G. Can., VI, 49.
Tsonnontouan nommé Annenhat a été tué par un Illinois; ! meurtre a eu lieu sur le territoire des Kiskakons, dont la respoc sabilité, d'après les coutumes indigènes, est, de ce fait, engagée Les Kiskakons sont voisins des Hurons et des Miamis, qui prêt dront certainement part à la querelle; une guerre générale d< peuples du lac Michigan parait donc -imminente *.
Dès que Frontenac avait appris le meurtre du chef Tsonnon touan (fin d'octobre 1681), il avait donné ordre à La Forest, goi verneur du fort du lac Ontario, de dépêcher un homme aux In quois pour les inviter à la paix, et déclarer qu'Onontio lui-mén se chargeait de leur assurer les satisfactions légitimes; cet hommi appelé Lamarque, réussit dans sa mission, puisque Thiver ne fi point troublé par des expéditions de guerre et que, au printem[ même, les Iroquois délibéraient encore sur ce qu'ils devaient fair Frontenac alors paya d'audace; instruit par des lettres de l Forest et des PP. de Lamberville et Garnier, missionnaires des Ir quois. il acquit la certitude qu'une guerre immédiate n'était poii probable, pourvu qu'il osât « ne rien rabattre de cette hautei avec laquelle, à l'exemple de M. de Courcelles, il avait toujoui traité les sauvages* ». Toutefois, moins dédaigneux des consei que ne l'assuraient ses ennemis, il voulut avoir d'abord Tav de quelques notables, et, le 23 mars 1682, convoquait ch< les Jésuites de Québec l'intendant, le major de la place, U PP. Bèchefer, Dablon et Frémin. Les Jésuites exprimèrent Fav qu'un voyage au fort, vers la mi-juin, serait bien vu des Iroquois avec une escorte de cinquante ou soixante hommes, le gouvei neur était à l'abri d'une surprise et, tout ensemble, n'aurait poii l'air de diriger une expédition. L'intendant estimait la guerre iri nécessaire; mais seul, disait-il, le gouverneur peut en ordonner h frais; si l'on ne veut pas se battre, il faut faire venir les Iroquo le plus près possible de nos établissements, à Montréal piuU qu'au fort. Frontenac ne pouvait oublier que les dernières lettn du roi défendaient les dépenses extraordinaires; déjà l'année pn
1. Voir Extraits de la correspondance de 1681. Ar. col., C. G. Can., VI, 4 — Le vol. VI de la Corr. gén. Can. débute (p. 5-41) par des documents assi complets sur ces incidents : délibérations & Québec, mémoires de Frontem à la Cour, procès-verbaux des entrevues de Montréal entre le gouverneur les sauvages. Charlevoix (1, 467 ss.) en connaît la plus grande partie.