‹ Le comte de FrontenacChapitre 193 sur 358 · Lettre du 4 nov. 1683. Ar. col., C. G. Can., VI · texte numérisé non relu

Lettre du 4 nov. 1683. Ar. col., C. G. Can., VI

à leur satisfaction, mais seulement en 1686 *. Dès les premiers jours de son gouvernement, La Barre dressa une liste de concessions, qu'il envoya au ministre par le courrier de 1682. Avait-il eu le temps de les examiner toutes? N'en avait-il pas signé quelques-unes presque au hasard, par complaisance? Il semble, en tout cas, qu'il se soit bien hâté; l'approbation de la Cour se fit attendre; elle est seulement datée d'avril 1684, et rappelle expressément que les concessions non défrichées dans un délai de six ans doivent être rapportées; on doutait donc, à Versailles, que tous les privilégiés de La Barre fussent des cultivateurs véritables '.

Seignelay, cependant, s'efforçait de faire aux agriculteurs canadiens des avantages qui stimuleraient leur zèle : il fit envoyer au Canada l'ordonnance royale de 1683, qui défendait de saisir les bestiaux pour dettes; il expédiait à Meulles des engagés, qui devaient être placés chez les habitants; il promettait des primes aux paysans qui récolteraient du chanvre, comme aux pêcheurs qui feraient des établissements pour la préparation de la morue. Mais, s'il faut en croire l'intendant, la colonie recevait moins qu'on ne semblait lui donner : les engagés envoyés au Canada n'étaient que des enfants de douze à quinze ans, incapables de rendre des services ; il n'eût pas coûté plus cher, cependant, de faire passer des hommes robustes, qui auraient été de bons travailleurs. Meulles se plaint, du même coup, de certaines institutrices venues pour instruire les petites sauvagesses : au lieu des femmes « prudes, âgées et fort habiles qu'il faut pour ces sortes de desseins, il a reçu des environs de la Rochelle six filles jeunes, vicieuses et fort ignorantes ». D'ailleurs Seignelay luimême ne lui offre-t-il pas, deux ans plus tard, quelques faux sauniers et autres forçats à perpétuité pour les engager dans les habitations rurales »? Ce n'est pas avec des auxiliaires de ce genre que la colonisation du Canada pouvait prospérer.

On manquait aussi d'ouvriers; Meulles demandait au ministre notamment des chapeliers, des cordonniers, des tisserands *; bien d'autres encore auraient trouvé du travail : un mémoire de 1684

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