‹ Le comte de FrontenacChapitre 206 sur 358 · Lettre de nov. 1683. .Margry, II · texte numérisé non relu

Lettre de nov. 1683. .Margry, II

leur appartenant, et mettant ainsi leur chef dans Timpossibilité

de se maintenir longtemps.

La Salle *, malgré tout, poursuivait son œuvre : le 2 avril 1683, du fort Suint-Louis, il écrivait à La Barre qu'il ne connaissait pas encore ; il le priait de lui continuer la bienveillance à laquelle Frontenac Tavait habitué; une série de malheurs l'avaient empêché jusque-là de satisfaire ses créanciers, mais il comptait « terminer celte année toutes ses affaires et montrer qu'il n'avait rien entrepris au-dessus de ses forces »; il annonçait officiellement sa décou- Terte des bouches du Mississipi. Une seconde lettre, du 4 juin 1683, est plus inquiète*; La Salle commence à soupçonner la vérité; les gens qu'il a envoyés aux provisions, à Montréal, ne sont point revenus ; « leur retardement nous faisant manquer de toutes choses, dit-il, je suis contraint de me servir de ce méchant morceau de papier pour vous demander Tappui et la protection de votre autorité, ou il faudra que j'abandonne tout, si elle me manque et si mes envieux ont assez de pouvoir pour vous surprendre ». Il établit bien nettement la responsabilité qui pèsera sur le gouverneur, s'il lui refuse son concours : « Je ne sais les raisons qui ont empêché mes premiers envoyés de remonter; mais je sais bien que ceux-ci (ceux qui portent sa lettre) n'en peuvent avoir aucune que votre volonté. » La Salle ne reçut point de réponse; déjà La Barre s'était emparé du fort Frontenac; un de ses ofBciers, Baugy, se rendait pour une spoliation analogue au fort Saint-Louis des Illinois. La Salle rencontra Baugy en route, alors que lui-même, désespérant de rien obtenir par lettre, descendait à Québec pour réclamer en personne la justice qui lui était dae, et de là, s'il ne réussissait point, porter ses griefs à la Cour. Dans un mémoire présenté à Seignelay dès son arrivée en France, La Salle rend compte des manœuvres dont il fut victime ' : son cousin Plet, qui s'était chargé du commerce du fort Frontenac, y avait amassé quantité de marchandises de traite; La Barre ayant mandé ce négociant à Québec, l'obligea par des menaces à tout abandonner à La Chesnaye et Lebert; ceux-ci, à peine autorisés par La

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