Du Lhut à La Barre, 12 avril 1684. Margry, VI, 38 ss
générale des nations du nord, et les détourner des Anglais de la baie d'Hudson *. La cour avait blâmé La Barre des permissions accordées à du Lbut; le gouverneur se servit de cette lettre du commandant du baut pays pour justifier sa conduite : les autorisations dont on se plaint, dit-il, ne confèrent point un monopole ; et de plus elles ont Tavantage d'entraver le commerce des Anglais *. Mais La Barre oubliait que pour être vraiment utiles, les postes du haut pays devaient rester ^ communications faciles avec le bas Canada : par sa politique iroquoise, il va compromettre ou du moins retarder Teffet des découvertes de du Lbut et de Nicolas Perrot.
A peine arrivé dans la Nouvelle-France, en 1682, La Barre avait été persuadé de l'existence d'un péril iroquois; mais, comme il ne savait point se décider par lui-même, il s'inspira toujours dans sa politique iroquoise de quelques marchands qui gouvernaient le Canada sous son nom : selon que La Chesnaye et consorts croient préférable de céder ou de menacer, La Barre se montre humble ou provoquant à Texcés ; sa conduite manque de méthode ; elle n*a pas plus de franchise. Les nouveaux administrateurs n'étaient pas plus tôt débarqués à Québec, qu'une assemblée de notables, spécialement convoquée, se réunissait le 10 octobre 1682, pour délibérer sur la question iroquoise; le gouverneur et Tintendant présidaient; à côté d'eux, avaient pris place Tévèque de Québec, l'abbé DoUier, supérieur des Sulpiciens de Montréal, les PP. Beschefer, Dablon et Frémin, Jésuites, le major de Québec, le gouverneur de Trois-Rivières, et divers officiers dont Brucy, La Durantaye, du Lhut, Sorel, Repentigny '. L'avis général fut que les Iroquois se proposaient d'abord de ruiner nos aIHés, pour pouvoir nous attaquer ensuite; ils étaient encouragés par les Anglais et Hollandais de la côte, que nous devions considérer comme les plus dangereux de nos ennemis, parce que d'eux venaient à la fois les armes et les conseils perfides; les négociations du mois d'août précédent n'étaient qu'une diversion, à laquelle il ne fallait point se tromper; une action prompte et décisive était nécessaire, mais, comme la colonie était trop faible pour l'entreprendre sans secours, il convenait de demander au
1. Lettre à La Barre, 10 sept. 4684. Ar. col., C. G. Can., VI, 301.