La Barre au ministre, 23 nov. i684. /r/., td
3. Ar. col., C. G. Can., VI, 68 ss. — Cf. Charlevoix, I, 411.
roi quelques renforts et de se mettre en campagne dès qu'on aurait reçus et que Ton aurait constitué des magasins d*appr sionnements.
La lettre que La Barre écrit au ministre, quelques jours a; cette assemblée, expose ces craintes générales * : il faut com que 1400 Iroquois sont en marche pour attaquer les Illinois après eux, toutes les tribus du sud-ouest, alliées de la Frai « ou nous perdrons la moitié de notre commerce et toute m réputation dans le pays, ou nous devrons nous opposer à ces 1 vainqueurs des autres nations ». La Barre demande donc a insistance qu'on lui expédie les fonds pour amasser des viv et que le roi fasse passer quatre compagnies de marine, avec commissions en blanc « pour les capitaines qui sont ici et sa^ le pays et la guerre ». Deux grandes barques seraient utiles Ton avait l'argent nécessaire, pour assurer la police des lacs 1 et Frontenac. L'intendant Meulles pensa cette fois comme gouverneur. Cependant Frontenac, de retour à Paris, jugeait 1 autrement, et s'efforçait de faire partager ses sentiments ministre; il affirmait que la Nouvelle-France était en paix a l'Iroquois, et sans doute déconseillait l'envoi de troupes n velles *. Il prévoyait, assurément, quel mauvais usage en fei le gouverneur, dont il avait pu, pendant les dernières semai de son séjour en Amérique, apprécier la médiocrité. Seigne dut d'abord se ranger à l'opinion de Frontenac, car les premi vaisseaux de 1683 n'amenèrent point de renforts au Canada.
Quelles que fussent les inquiétudes de l'assemblée de 1682, Fi tenac avait raison : les Iroquois ne menaçaient point; un h mémoire sur les guerres canadiennes de la fin du xvii* siècl montre bien quelles furent les origines des hostilités, et comm La Barre en est responsable. Ce document, dont l'auteur anony déclare avoir fait partie de l'expédition de 1684, est écrit « parti pris d'éloge ni de dénigrement; c'est un simple récit ch nologique, dont l'autorité ne parait pas contestable. Or d'ap ce texte, La Barre aurait fait passer aux Iroquois^ par les traita munis de congés réguliers, l'ordre de piller tous les canots fr