Ar. col., M. S. M., Méfti
français qu'il admet les prétendus droits des Anglais sur les Iroqoois, et de l'autre il se garde contre le mécontentement possible du gouverneur anglais; il prévient Dongan de Terreur dans laquelle Arnaud est tombé, et le met en garde pour Tavenir. Lorsque Arnaud, dit-il, a sommé les anciens d'obéir, Témoi s'est répandu dans tout le village; « nous avons deux bras, déclaraient les indigènes; nous en portons un à Montréal pour appuyer Tarbre de la paix, l'autre est chez Gorlaer (le gouverneur de New- York), qui depuis longtemps, est notre frère, nous y appuyons aussi ] arbre de la paix. Onontio est notre père, mais ni lui ni Gorlaer n*est notre maître. »
Sans donc s'arrêter aux observations d'Arnaud, les Onnontagués envoyèrent à La Barre une députation composée de neuf d'entre eux, auxquels se joignirent deux Oneiouts et deux Goyoguens; les Agniers n'étaient point représentés; quant aux Tsonnontouans, ils n'avaient pas osé venir, pour ne pas déplaire à Dongan, ou plus probablement pour garder toute leur liberté; cependant, c'était contre eux, contre eux seuls, que La Barre dirigeait son expédition ; leur absence était donc, pour le gouverneur français, on véritable échec. La situation de Tarmée canadienne était alors très précaire; on était au 3 septembre, et, depuis plus d'une semaine, on campait dans un pays marécageux, sans vivres frais, sans eau pure; « la moitié de la milice était sur le grabat; un peu lard, La Barre s'apercevait qu'il n'était pas en état d'insulter riroquois * ». Il aurait bien voulu dissimuler aux ambassadeurs l'état véritable de ses troupes, et, dans ce dessein, avait évacué les hommes les moins valides sur le fort Frontenac ; mais le chef de la mission iroquoise, le très avisé « sieur de la Grande-Gueule », ne fut pas dupe de cet artiflce; une promenade furtive qu'il fit la Huit, parmi les tentes, lui montra qu'il était en présence d'une armée fatiguée, sans ressources, et qu'il pouvait parler haut.
Les conférences furent ouvertes le 5 septembre, en présence des PP. Bruyas, qui servait d'interprète au gouverneur général, \aillant, de Lamberville, « et de tous les officiers de l'armée qui se sont trouvés en santé ». L'échange des propositions fut plus glorieux pour les Iroquois que pour La Barre; vainement, le gouverneur général parla de ki bonté d'Onontio, qui avait voulu venir