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LES P08TRS DU HAUT PAYS

Québec que les Français à Albaay S Au pays des Outaouais, La

Durantaye était le commaDdant principal; il avait pris en 1684

la direction de la troupe de Français et de sauvages descendus à

Niagara; du Lhut et Nicolas Perrot étaient sous ses ordres. Le roi,

8oliicité par Tintendant, venait de récompenser les services du

comoiandant en chef : une nomination dans le corps des gardes

de la marine, pépinière des officiers de vaisseaux, avait été

envoyée pour Tun des fils de La Durantaye ; le roi félicitait aussi

Perrot, qui se trouvait alors dans une seigneurie voisine de la

baie des Puants et qui fut très encouragé par cette mention hono^

rable k raffermir dans notre alliance les peuples de cette région,

Tort mécontents de la campagne de La Barre *. Denonville avait

eu ftoin de faire ravitailler les divers postes de ces chefs; mais il

i-egrettait qu'on n'eût pas établi avec eux quelques habitants qui

auraient cultivé le sol et produit sur place, k peu de frais, les

vivres nécessaires ^.

Des stations nouvelles étaient indispensables pour fermer aux

Anglais et aux Iroquois les voies du haut pays : Tune à Détroit,

entre les lacs Huron et Érié, Tautre k Niagara. La Salle avait déjà,

pendant quelques mois, entretenu sur ce dernier point un fortin

qu'il avait appelé du nom de Conti; mais il n'avait pu s*y main*-

tenir. Dans Tété de 1686, Denonville avait projeté de relever cet

ouvrage ; il est même probaible que les coureurs de La Durantaye

y avaient établi déjà quelques cabanes, puisque Tannée suivante

le gouverneur indiquait qu*il serait possible d*y résister aux

Anglais slls tentaient de forcer le passage. Un mémoire anonyme

de cette époque indique tous les avantages de Niagara : la terre y

est excellente, les bandes d'indigènes y viennent souvent en traite,

on trouverait facilement pour faire la dépense du fort un fermier

des droits ordinaires sur les pelleteries^; mais il faudrait y mettre

une bonne garnison, car les Anglais ne manqueraient pas de Tatta-

quer ou de lancer contre les Français leurs alliés Tsonnontouans ;

ainsi déjà, par leurs intrigues, avaient-ils contraint à la retraite le

i. MeuUes à la Cour, 28 sept. 1685. — Dongan à Denonville, fév. 4687. Ap. col., M. S. M., Mém. V3\, 235.

2. MeuUes à la Cour, 28 sept. 1685. —Nicolas Perrot, chap. XXII et notes.

3. Denonville à la Cour, juin 1687. Âr. col., M. S. M., Mém. 224.

4. Lettre* des 8 «ai et 26 août 1686. — Id,, id., 218, et C. G. Can., VJH, 10,

sergent Lafleur, fondé de pouvoirs de La Salle : en juillet i687, après sa campagne heureuse en pays iroquois, Denonville vint jeter les fondations de Niagara.

L'établissement de Détroit fut achevé plus tôt ; en juin 1686, Denonville mandait à La Durantaye son désir que du Lhut y créât un fort; il envoyait aussi des ordres à du Lhut, par Tintermédiaire du P. Enjalran; il lui réservait le titre de commandant du nouveau poste et lui expédiait d'avance sa commission et celle d'un lieutenant qu'il pourrait choisir. Il indiquait l'importance de Détroit pour assurer les communications avec les pays des Illinois et recommandait à du Lhut de vivre en parfaite intelligence avec La Durantaye ^ Si Ton ne soutient pas Détroit et Niagara, disaitil Tannée suivante, tout le commerce des Lacs est perdu. Nous voyons enfin par diverses lettres du gouverneur, qu'il était en correspondance assidue avec Tonty commandant aux Illinois, et que plusieurs petites stations, régulièrement occupées, existaient encore aux Outaouais et sur la baie des Puants ". Denonville se louait vivement des collaborateurs placés sous ses ordres, Tonty, La Durantaye, Perrot, du Lhut, La Forest, Boisguillot.

Dans le bas Canada, la même œuvre était poursuivie : sur les observations de Meulles et de Callières, le ministre avait autorisé la construction de magasins à poudre qui manquaient à Québec et & Montréal : puis, toujours sous l'active direction de Callières, Montréal, qui n'avait « aucune clôture ni réduit », fut entourée d'une palissade. Denonville se proposait sans doute de développer ces fortifications, puisque, dans une lettre de novembre 1686, il disait avoir écrit à Yauban pour lui demander un ingénieur. Il laissait prévoir que le roi devrait consentir d'importants sacrifices pour mettre la colonie en état de défense, et faisait rendre par le Conseil Souverain, le 14janvier 1686, un arrêt interdisant èi quiconque la vente des fusils, si l'on n'en avait en quantité suffisante pour armer, outre les pères de famille, tous les enfants et domestiques majeurs de quatorze ans.

Enfin, sur les flancs de la colonie, en Acadie et dans la baie d'Hudson, Denonville et Meulles tentèrent aussi de consolider la

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