‹ Le comte de FrontenacChapitre 226 sur 358 · Corresp. de 1686. Ar. col., G. G. Gan., VIII · texte numérisé non relu

Corresp. de 1686. Ar. col., G. G. Gan., VIII

)our des approvisionnements amassés au fort Frontenac, et déclaait même que La Barre, en traitant à la Famine sans Ten avertir, vait méconnu la suzeraineté anglaise sur les Iroquois. Si les rançais capturaient quelques bandits indigènes et les expédiaient Q France, selon les ordres du roi, pour ramer sur les galères, ongan voulait une indemnité. Si le P. de Lamberville, comprenant D peu tard qu'il avait été joué, paraissait disposé à rapprocher s Onnontagués des Français et à les détacher de New- York, ongan priait le gouverneur de Québec d'inviter le Père à se înfermer dans l'exercice de son ministère. La présence des issionnaires chez les Iroquois, ajoutait-il, ne prouve rien en reur des Français; ces prêtres n'ont-ils pas eux-mêmes reconnu r plusieurs lettres que le pays était placé sous la protection l'Angleterre? On voit à quelles conclusions prêtaient les imprunces du P. de Lamberville.

\u commencement de 1687, les deux gouverneurs reçurent le îmier traité de neutralité; Dongan, pour ne point s'y soumettre, logua sur les termes : la convention parlait des sauvages, auxels les deux groupes de colonies ne devaient point fournir rnnes ni de munitions; les mots wild Indians du texte anglais, -il, sont employés pour distinguer des tribus qui se sont souses à l'un ou à l'autre gouvernement celles qui n'ont pas l leur soumission. Et, sous le bénéfîce de celte subtilité, Dongan itinuait ses relations avec les Iroquois, ajoutant que l'établissent d'un poste en terre anglaise (il veut dire le fort Niagara) doit e le résultat d'un simple malentendu *. Denonville répondait îc quelque dédain à toutes ces bravades : au lieu de pousser les ivages à chasser les missionnaires, disait-il, de leur donner des initions et des vivres pour attaquer les Français, Dongan ferait eux d'observer loyalement le traité de neutralité passé entre les ax couronnes; il devrait, si ses déclarations d'amitié ne sont pas 9 mensonges, accorder des réparations au P. Vaillant, maltraité ilgré sa qualité de parlementaire par les Tsonnontouans, trop ciles aux conseils qu'on leur prodigue de New-York; il attenait les décisions du comité mixte qui doit se réunir en Europe, ant d'élever des prétentions au moins contestables sur le pays

1. Diverses lettres de Dongan, i686-88. Ar. col., C. G. Can., IX, 48, 8fi> 6; 1, 32, et M. S. M., Mém. 226, 235.

des Iroquois; provisoirement, et jusqu*à preuve plus certaine de la sincérité de ses bonnes dispositions, il ne serait pas surpris que le gouverneur de Québec retînt les Anglais prisonniers dans cette ville et surtout les sauvages enlevés par les traitants français.

Donc Denonville comprenait son devoir et parlait ferme; c'est de la Cour que vinrent des instructions de faiblesse. VaineraenU le gouverneur représentait que les Anglais de New-York étaienl un groupe presque indépendant, que jamais un traité rcguliex n'aurait de prise sur eux, qu'ils excitaient les Iroquois, pa^\^t attirer à eux tout le commerce, même contre leurs compatrio %es de Pennsylvanie et de Virginie; vainement il montrait Don^^a-tv refusant de reconnaître un fonctionnaire nouveau, sorte d'inl^MCU' dant, que lui adjoignait le roi d'Angleterre : de Versailles, on lui prescrivait de ne rien brusquer, de laisser faire les agents di| )lomatiques ; alors, « sur une lettre de cachet du Roi, croyant de^ oir obéir aveuglément aux ordres de Sa Majesté », le gouvern eur renvoyait à regret tous les prisonniers anglais. Peut-être finiss^^aitil par croire, à voir l'assurance du ministre que, la Cour veill^HaDt en Europe, il n'avait plus pour atteindre les Anglais de la >^ ouvelle-France qu'à tomber vigoureusement sur leurs alliés I^Broquois K Mais il n'avait pas oublié l'échec de La Barre; il en a^^^ail étudié les causes, et s'était convaincu qu'il devait préparer^ de loin son expédition pour lui donner sa pleine valeur; de là Tor^ ionisation d'un système défensif fort bien conçu, la meilleure <le8 protestations contre les fanfaronnades de Dongan.

Le fort Frontenac était le poste qu'il fallait munir le prem ier, car au lendemain de la retraite de La Barre, il était menacé I^r des partis Iroquois, qu'enhardissait la faiblesse constatée ^es Français; dans le mois qui suivit son arrivée, Denonville ^'^ passer l'inspection du fort, accompagné de Galliëres, gouveri»<3ur de Montréal; il y fit monter des farines et répondit tranquiilen^^Ql aux observations du gouverneur de New-York qu'il avait cru convenable d'augmenter la garnison; Dongan se vantait beaucoup quand, dénonçant l'armement de ce poste comme l'indice d'une campagne prochaine, il menaçait Denonville d'être plus vite ^

1. Diverses lettres de Denonville, 1686-88. Ar. col., C. G. Cao., Vlll, i^*» IX, 56, 63, 122; X, 32, 68, et M. S. M., Além, 229.

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