La Hontan, I
. 3. DenonviUe au ministre, 25 août 1687. Ar. col., M. S. M., Mém. 229. — La. Hontan, I, 90.
4 DenonviUe au ministre, 6 mai 1686. Ar. col., C. G. Can., VllI, 17.
vigueur, comme celle de La Barre. Une convocation général chefs iroquois par un gouverneur qui aurait su leur parler, co y excellait Frontenac, eût été certainement plus utile q\ campagne. Mais Denonville n*y songea pas.
Pour envahir en 1687 le pays iroquois, il fallait prévenir pre une année à l'avance les commandants du haut pays don réclamerait le concours. Les lettres de Denonville à ces • sont, en effet, datées du mois d'août 1686 *. Dans ces instruct le gouverneur annonçait qu'il se trouverait lui-même au deTOntario, vers la fin de juin 1687, avec deux mille Françj six cents sauvages. Deux corps, partis des Lacs et des Illi devaient le rejoindre : Tonty, commandant du premier, pren à revers par le sud les cantons des Tsonnontouans ; La Di taye, avec les contingents de du Lhut et de Nicolas Perrot, cendrait de Michillimackinac sur l'Ontario par Détroit et gara; ce dernier point était indiqué comme lieu de concentr de tous les pays outaouais; le P. Nouvel à la baie des Pu le P. Ënjalran à Michillimackinac, recevraient en temps oppc des ordres qu'ils communiqueraient aux chefs des troupes, de leur passage; si les Anglais étaient établis sur la rive oriei de Niagara quand La Durantaye et ses hommes arriveraien la rive occidentale, les Français ne devraient point atta d'abord, car très probablement, à la nouvelle que les corp Canada s'avançaient sur l'Ontario, les Anglais battraient d mêmes en retraite pour n'être pas pris entre deux feux; un c( de ravitaillement partirait du fort Frontenac pour Niagara ve fin de juin, et Denonville poussait la prévoyance jusqu'à do pour les Français et leurs alliés les mots du guet : Lou Onontio; il prescrivait enfin aux officiers de dresser des complets des troupes placées sous leurs ordres, afin qu'il ensuite proposer au roi les récompenses méritées.
Ces lettres nous le montrent soigneux, méthodique, pre bureaucrate. Denonville, par son exactitude même, avait taure la discipline assez affaiblie dans les troupes canadien un jour qu'un capitaine d'infanterie, Macary, s'était parmi répondre par une lettre blessante à une observation du goi neur de Montréal, Callières, Denonville avait contraint cet off
1. Àr. col,, M. S. M., Mém. 218 ss., et C. G. Cao., VUI, 51, 53.
à faire des excuses publiques à son chef*. La docilité des commandants du haut pays est aussi fort remarquable; elle prouve autant pour le gouverneur général que pour eux-mêmes; Nicolas Perrot, ! lorsqu'il reçut la lettre d'août 1686, était sur le haut Mississipi; La fiarre lui ayant donné commission pour découvrir les pays de Fouest, il lui était facile d'alléguer son éloignement, ou même de prétendre ensuite que les ordres ne lui étaient point parvenus : bien au contraire, aussitôt informé, bien qu'il n'attende rien de bon de la guerre iroquoise, il revient à la baie des Puants avec tous ses hommes, pour organiser son contingent *. A la voix dli gouverneur de Québec, on verra quelques mois plus tard se réunir sur les bords du lac Ontario des Français et des sauvages ^enus des extrémités d'une région bien plus étendue que la France. C'est dire que, s*il y avait parmi les coureurs de bois des déserteurs qui passaient aux Anglais, la plupart ne perdaient point, dans leur vie vagabonde, le sens de ce qu'ils devaient à leur pays. L'œuvre de La Durantaye et des autres chefs du haut pays fut des plus difficiles; les sauvages n'avaient point encore perdu le souvenir de l'expédition de La Barre, où l'on avait paru se jouer d'eux; il fallut donc beaucoup de tact et de patience pour les décider à s'armer de nouveau. Nicolas Perrot, quittant le pays des Sioux où il était en traite, enferma ses marchandises dans un fortin, et se rendit chez les Miamis, au sud du lac Michigan, pour les disposer à la guerre; pendant qu'il était chez ce peuple, il apprit que des nations de la baie des Puants devaient en son absence piller les marchandises laissées chez les Sioux; il n'avait pas le loisir d'y retourner, les Miamis eux-mêmes étant suspects de vouloir attaquer et mettre à sac le fort Saint-Joseph, établi Sur leur territoire. Perrot, payant d'audace, s'empara de quelques chefs et, sur sa menace de les mettre à mort s'il n'était respecté, les Miamis s'éloignèrent; mais ils ne lui fournirent presque personne pour marcher contre les Iroquois. Des Miamis, ï^errot remonta vers la baie des Puants, et sut encore prévenir l'autre complot dont il était menacé, car nous ne voyons pas cjue ses postes du pays des Sioux aient alors été pillés. Il recruta xnéme, chez les Kiskakons, les Renards, les Outagamis, d'assez