‹ Le comte de FrontenacChapitre 236 sur 358 · La Hontan, I · texte numérisé non relu

La Hontan, I

tique. Mais, dès le premier jour, il médita la guerre iroquoise; rien ne le détourna de ses desseins ; tout au plus peut-on dire que quelques traitants désiraient la ruine des Iroquois pour la sécurité de leurs relations avec le haut pays; si Denonville est, sur ce point, tombé d'accord avec eux, c'est une simple coïncidence, qui n'emporte point complicité ; les congés semblent avoir été délivrés par lui beaucoup moins libéralement que par son prédécesseur, et le oofflbre légal de vingt-cinq ne dut guère être dépassé ^ Denonville n'était donc point comme La Barre, prisonnier sinon associé d'une compagnie de négociants, et les accusations de La Hontan portent à faux : la raison de sa mauvaise humeur est peut-être que le gouverneur lui avait refusé jusqu'à la fin de la campagne l'autorisation qu'il sollicitait de rentrer en France *.

La Cour, d'autre part, pressait Denonville d'en finir avec les Iroquois; on lui recommandait de ne rien tenter contre les ^Anglais, et on lui envoyait quand même des troupes et de l'argent ; il est donc clair que le plan du ministre était de régler en Europe le conflit avec l'Angleterre, laissant seulement à Denonville la charge de réduire les Iroquois; des vaisseaux faisaient alors le %*rajet de France ôl Québec au moins deux fois par an, et, dans l'été de 1687, comme on venait de commencer la marche contre Xes Tsonnontouans, le chevalier d*Amblimont amena sur six bâti- :meats dix à douze compagnies de marine qui gardèrent le pays pendant l'expédition '; d'habitude les vaisseaux, ne faisant qu'un voyage annuel, arrivaient à l'automne; il fallait que la Cour comptât sur un résultat décisif pour se départir de sa routine traditionnelle. Et cependant les Iroquois montraient des dispositions plutôt conciliantes; au printemps de 1686, des Onnontagués avaient arrêté cinq déserteurs français qu'ils conduisirent au fort Frontenac *; ils ne se souciaient donc pas de provoquer des hostilités nouvelles. Peut-être se rendaient-ils compte que, depuis le changement de gouverneur, la politique plus énergique des Fran- ^ avait affermi singulièrement leur situation et qu'ils ne se contenteraient plus, le cas échéant, d'une démonstration sans

i. Voir Règlement du 29 janvier 4686. Ar. AfT. Élr., Fonds Amérique, V, 384.

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