a Charlevoiz
la surprit à l'ouest du lac Érié; comme l'autre, elle fut défaite, el bientôt tous les contingents du haut pays étaient rassemblés à Détroit, autour d'un fort où du Lhut, dès le début de l'année, avait attiré les sauvages des environs; on y proclama, le 7 juin, au nom du roi, la prise de possession de toutes les terres avoisinantes'. Les Français se trouvaient dès lors en nombre suiEsant pour imposer leur direction aux indigènes et prévenir auprès d'eux les manœuvres des prisonniers anglais, que l'on n'avait pu, faute de garnison pour les garder, envoyer à Michillimackinac'. La marche des commandants, arrivés presque à jour dit de points fort éloignés, s'était accomplie avec une précision remarquable; tous ensemble partirent pour Niagara, où ils devaient recevoir les dernières instructions de Denonville ; là, rien ne leur manqua, ni munitions, ni vivres, ni canots pour transporter leurs hommes; l'armée canadienne vint au-devant d'eux, et la concentration défmitive se flt en plein lac Ontario, à quelques lieues au large du littoral des Tsonnontouans.
Si les chefs des postes avaient eu peine à rassembler leurs sauvages, Denonville, de son côté, n'avait pas obtenu sans discussion le concours des milices canadiennes; il ne pouvait songer à faire une expédition de ce genre avec les seules troupes réglées, car des soldats, quoique fort braves, ne rendront pas immédiatement les m«'mes services dans une guerre d'embuscades qu'en rase campagne. Les Canadiens au contraire, chasseurs presque tous, connaissaient fort bien les habitudes des sauvages; le pays leur était familier, et l'un d'eux avait été capable de dresser une carte que le gouverneur envoyait au ministre. Quand, au mois d'avril 1G87, Denonville annonça qu'il allait emmener des milices, on commença par murmurer; le gouverneur alors lança un manifeste et les vicaires généraux un mandement pastoral'; les habitants se laissèrent convaincre, et, tant en miliciens qu'en soldais du roi, Denonville partit de Montréal avec quinze cents Français; cincj cents sauvages chrétiens de Sillery et de la Madeleine s'étaient joints à l'armée; quant aux renforts amenés par les commandants