Mém. de 1682-1712, p
nèrent avec leurs épées, et le grain fut enlevé pour ravitaillei les postes du haut pays. Puis, ia razzia terminée, on reprit k chemin du lac. Un fort parti fut commandé pour accompagnei Denonvilie jusqu'à Niagara; le reste des troupes regagna le foii Frontenac et le bas Canada *.
Avant de quitter le pays ravagé, Denonvilie en avait solennellement proclamé la prise de possession par la France *. Cette cérémonie avait eu lieu le 19 juillet 1687 en présence de l'armée rangée en bataille, du gouverneur général, de Callières et Vaudreuil, du P. Vaillant, Jésuite, et de La Chesnaye, cité comme requérant au nom de Tintendant absent. Champigny était en effet retourné à Québec dès que Denonvilie avait quitté le fort Frontenac pour traverser l'Ontario ; la faveur nouvelle de La Chesnaye prouve que cet intendant n'avait point contre l'instigateur de la campagne de 1684 les mêmes inimitiés que son prédéces* seur. L'acte de prise de possession d'une région entièrement pilléef n'avait, pour ainsi dire, qu'une valeur d'amour-propre; l'effet utile de la guerre ne serait atteint que si l'on fermait aux Iroquois et à leurs alliés anglais le chemin du pays des Outaouais; l'importance du poste de Niagara, point de concentration des sauvages de l'ouest, apparaissait, après cette campagne, plus grande qae jamais, et Denonvilie décida d'y faire un établissement solide : il s'y rendit donc à la fin de juillet et, après avoir proclamé à nouveau les droits de la France sur cette région *, il dirigea la construction d'un fort de pieux à quatre bastions; il y mit une garnison de cent hommes, aux ordres de Troyes et des Bergères, avec des vivres et munitions pour huit mois. Il promit aux indigènes, qui voyaient volontiers cette fondation, qu'il achèverait dans une prochaine campagne la destruction des Iroquois et les engagea, cependant, h rester les fidèles enfants d'Onontio *.
L'impression immédiate de la campagne fut bonne : les commandants du haut pays descendirent à Montréal pour renouveler leurs marchandises de traite, puis se dispersèrent dans leurs
1. Sur cette expédition, Perrot, p. 142. — La Potherie, qui «goûte peu de chose au récit de Perrot, II, 205 ss. — La Hontan, 97 ss. — Lettres et Mémoires de juin à oct. 1G87, Ar. col., C. G. Can.» IX, et M. S. M., Mim,
2. Acte de prise de possession... Ar. coL, C. G. Gan., IX, 40.