Comptes pour 1688. Ar. col., C. G. Can., IX, 174; X
DÉTRBSSB DU CANADA 341
tants; ils s^étaient attachés aux pas de Tarmée, lorsqu'elle avait quitté leurs villages incendiés ; près de Niagara, La Hontan raconte qu'il faillit être surpris par des partisans, moins d'un mois après le départ de Denonville ; quelques semaines plus tard, des Iroquois venaient insulter le fort lui-même; ils se tenaient dans la campagne, à quelque distance, coupant de tous côtés les communications; un jour, ils échangèrent quelques coups de fusil avec des Hurons de Michillimackinac qui chassaient dans le pays; mais ils furent repoussés et perdirent plusieurs prisonniers '.
La lettre écrite par le gouverneur général, le 27 octobre 1687, n'est pas moins alarmante : un convoi de cent hommes, destiné au ravitaillement des forts Frontenac et Niagara, remontait le Saint- Laurent; sans que les soldats de Tescorte s'en fussent aperçus, ils étaient suivis par des Iroquois, épiant le moment d'agir; la surveillance s'étant un instant ralentie, tout à coup les Français sont assaillis à l'improviste par des ennemis qu'ils voient à peine ; dans le tumulte de ce rapide engagement, huit hommes sont tués, un fait prisonnier. — D'un autre côté, sur le lac Champlain, des Agniers arrivaient furtivement pour faire quelques prises; par bonheur, ils rencontrèrent un Iroquois chrétien, qui s'enquit de leurs intentions; ils étaient, déclarèrent-ils, envoyés par Dongan, gouverneur de New- York; le chrétien leur parla de telle manière qu'il les convainquit de rentrer chez eux sans attaquer les Français ; il débaucha même quatre guerriers, qui vinrent s'établir à la mission du Saut. — Peu de jours après, deux nouveaux partis parurent aux environs de Montréal; ils furent battus, mais les défenseurs perdirent quatre hommes. On peut juger, par ces détails, à quelles alertes continuelles étaient exposés les colons de la banlieue de Montréal, et si vraiment il était juste de reprocher à beaucoup d'entre eux de se faire coureurs de bois, quand l'agriculture leur était rendue si difficile '.
Les environs du fort Frontenac étaient très peu sûrs : un jour, dans l'hiver de 1687, une bande de quarante Iroquois enleva, presque sous les murs du poste, une dame nommée d'Ail onne et trois soldats. Les assaillants appartenaient aux tribus réputées pacifiques, les Oneiouts et les Onnontagués; en apprenant leur
i. La Hontan, I, 107.