Lettre du 6 nov. 1688. Ar. col., C. G. Can., X
2. Ar. col., C. G. Can., X, 80. — La Hontan, lettre XV. ~ La Potherie, II, SiO.
car La Hontan, parti depuis le mois d'avril avec ses hommes, n'avait pas été remplacé '. Deux des meilleures positions jadis occupées sur les plans de Denonville étaient donc évacuées; ^at l'efTort utile des premiers mois de ce gouvernement était 1>erdu.
Cet aveu d'impuissance enhardit tous nos ennemis : Jacques II «vait fini par rappeler son gouverneur Dongan; mais Andros, successeur de Dongan, tinta notre égard la même conduite : très complimenteur dans ses lettres à Denonville, il n'en revendique pas moins nettement le domaine des Ginq-Nations ' ; pourtant le second traité de neutralité, signé avant son départ d'Angleterre, Téservait explicitement la décision de ce point litigieux à une commission mixte réunie en Europe. Il était donc difficile pour la diplomatie de Louis XIY de présenter le rappel de Dongan comme on succès; il est plus probable que Jacques II, frappé de l'esprit d'indépendance que les colons d'Amérique montraient déjà, voulut les ramener à une obéissance plus stricte, et munit le nouveau gouverneur de pouvoirs étendus, non seulement sur New-York, mais sur les colonies voisines '. La France n'y gagna rien; les envois d'armes aux Iroquois et les pillages en Acadie continuèrent. Puis la révolution d'Angleterre éclata, les négociations entamées entre les deux Cours furent rompues, et le ministre, qui avait eu jusqu'au bout l'espoir d'arriver à une entente, dut annoncer à Denonville qu'avec l'avènement du roi Guillaume, tout était bien changé, qu'il fallait se garder plus attentivement que jamais *. Denonville alors envoie Callières en France pour exposer au roi la situation misérable du Canada; mais Louis XIV, tout en approuvant les plans de cet officier contre les Anglais d'Amérique, en ajourna l'exécution '.
Du côté de nos alliés, le danger n'était pas moindre : les conférences de juin 1688, entre Denonville et les Iroquois, avaient été mal accueillies par certaines nations des Lacs : pour ces tribus, la paix de la France avec les Iroquois signifiait abandon sans secours