La Potherie, II
D&TRBSSE OU CANADA 351
ée possession au nom du roi des pays de la baie des Puants, de la rivière Ouiskouclie (Wisconsin), du Mississipi et des Nadouesioux *. Mais ces succès perdaient toute valeur, du moment que les communications n'étaient plus libres avec le bas Saint- Laurent. Aux Illinois, la situation de Tonty n'était même point si bonne. Au printemps de 1688, on avait signalé à Michillimackinac puis à Québec, le passage de Tabbé Cavelier, frère de La Salle et d'un autre des compagnons du découvreur, Joutel; mais tous deux avaient gardé le silence sur le sort du chef de Texpédition, voulant apprendre au ministre le premier la mort de La Salle, assassiné le 19 mars 1687. On ignorait donc cette nouvelle, en 1688, aussi bien à Québec qu'aux Illinois. A la Cour, dès 1688, on avait pensé que La Salle s'était perdu, puisque Seignelay, qui l'avait naguère soutenu, permettait aux administrateurs du Canada de révoquer toutes ses concessions, et d'y pourvoir comme de besoin ' ; au même moment, Tonty et La Forest demandaient à Denonville la propriété du fort Saint- Louis; c'est sans doute qu'ils ne croyaient pas, eux non plus, que La Salle vécût encore. Mais lorsque en 1689 le ministre, instruit de la mort de La Salle et renonçant au bénéfice de ses découvertes, prescrivit aux administrateurs de rappeler les Français des Illinois, il est douteux que son ordre pût parvenir jusqu'au fort Saint-Louis; car Tonty, malgré de petits succès de partisans, était réduit à souhaiter pour 1690 un chemin libre : c'est donc qu'il était bloqué par les Iroquois, ou à peu près '.
Tel était le bilan du gouvernement de Denonville : la Nouvelle- France démembrée en tronçons, les Iroquois et les Anglais enorgueillis par leurs succès, nos anciens alliés méfiants et prêts à nous abandonner. Ce gouverneur ne manquait pas de qualités, mais c'était l'homme d'une seule idée, et son idée, la guerre aux Iroquois, était grosse de dangers. La Cour, émue sans doute des doléances de Callières, renvoie enfin Frontenac au Canada;