‹ Le comte de FrontenacChapitre 252 sur 358 · IT · texte numérisé non relu

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1. Or. fun. du comte de Frontenac, par le P. Goyer, Récollet. Ms. de Université Laval de Québec. Les annotations seraient de la main d'un ficaire général de Saint- Vallier, l'abbé Glandelet (Voir Winsor, Hw/. of Am,y iV, 357).

2. Cr. Instructions de Frontenac. — Le Recueil des Mém. et Doc. écrit à

Les précautions les plus rigoureuses étaient prescrites pour que le secret fût gardé : les correspondances entre les différents chefs devaient être chiffrées; la Cour comptait donc, en diminuant les effectifs demandés par Gallières, que la rapidité d*une surprise y suppléerait. Le pays une fois occupé, la prise de possession en serait assurée par une transplantation générale des habitants suspects de ne point accepter la souveraineté de la France : on les obligerait à rendre leurs armes, on dresserait Tin yen taire exact de tous leurs biens, et seuls les catholiques ayant reconnu le roi de France seraient laissés maîtres de leurs terres; parmi les autres, les plus riches seraient emprisonnés, dans Tespoir que l'on en tirerait des rançons ; les autres seraient transportés en Pennsylvanie ou dans la Nouvelle-Angleterre ; Callières, qui avait eu l'idée première de celte expédition, devait en être récompensé par la charge de gouverneur du pays conquis; quant à Frontenac, la campagne achevée, ses instructions portaient qu'il retournerait au Canada, sauf impossibilité absolue par suite de la saison; il profiterait au plus tôt de Texpulsion des Anglais de New-Yorck pour signer la paix avec les Iroquois et faire le désert du Côté de la Nouvelle- Angleterre.

Sans doute, ces dispositions étaient dures, et Parkman s'indigne avec (juclque raison de la cruauté des ordres de Louis XIV '. L'expédition ayant échoué, nul ne peut dire dans quel sens ni avec quelle mesure Frontenac eût exécuté les instructions royales; mais Guillaume 111, à la même époque, ne procédait-il point, eu Irlande, à des évictions sanglantes, et plus tard les Anglais hésitùrent-ils, après le traité d'Utrecht, qui leur livrait i Acadie, à traiter les Français de ce pays comme Louis XIV avait voulu jadis les traiter eux-mêmes? La faute du roi de France fut de n'être pas intervenu, lorsqu'il en était temps encore, par des moyens moins violents; les quelques points principaux du pays fortement occupés pendant le règne de Jacques II, les habitants se seraient sans doute soumis à la France, si l'on avait seulement respecté leur religion; mais Louis XIV eût-il admis, surtout au moment de la révocation de Tédit de Nantes, que tout un groupe de ses sujets américains pratiquât officiellement le culte réformé? D'ailleurs,

tort La Coffinièrc. — Cf. Lettres de Menncval, gouverneur de l'Acadie, à la Cour (sopt. 1G89). Ar. col., Ac, 11, 123. 1. Count Frontenac, p. 190.

^^s conditions ayant alors changé, le recours à la force devenait 'névilable.

Une campagne contre les établissements anglais de New- York ■tait donc résolue; mais la Cour avait si bien réduit le projet riaiitif de Callières, qu'il n*en restait presque plus rien. De plus, — la preuve en est dans la correspondance officielle du ministre vec Begon, intendant de la marine à Rochefort, — ni le ministre, i rintendant Begon ne surent exactement, jusqu'au dernier jour, >ninnent Tentreprise serait conduite; il ressort seulement de urs lettres que les vaisseaux donnés à Frontenac, Y Embuscade^ égale légère, et le /'our^/o/^ simple flûte, étaient deux bâtiments es pins médiocres : en avril 1089, le ministre déclarait à Begon ue VEmbnsciidey trop peu chargée de voiles pour faire un bon arde-côte, serait transformée en brûlot ', et provisoirement ésarmée; peu de jours après, au moment de la nomination de rontenac, l'ordre arrive à Rochefort de surseoir au désarmement : Embuscade^ toute misérable qu'elle soit, partira pour l'Acadie vec des vivres, de la poudre, des vêtements pour les soldats, de argent pour les chefs sauvages; on la munira de canons, mais en bscrvant qu'elle n'en peut pas porter un très grand nombre; le Qinislrc recommande de faire diligence, car Frontenac est prêt, et outlrait quitter la France dès les premiers jours de juin *.

Mais il devait alors régner, dans les bureaux de la marine, un iésordre inextricable; la plupart des vaisseaux étant occupés pour a guerre d'Irlande, les intendants n'avaient plus les transports lécessaires pour ravitailler par mer les arsenaux ; à Brest, on nanquait de poudre et Rochefort devait en envoyer; or, c'est ^ Embuscade^ le 22 mai, qui est commandée pour ce service! Et le ninistre qui parlait d'un départ de Frontenac avant la mi-juin, lésigne seulement le 31 mai, pour accompagner VEinbuscade en \cadie, la flûte le Fourgon^ de 30 canons et cent vingt hommes i'équipage. D'autre part, comme on songeait à ravitailler Terre- Neuve avant la fin de l'année, on préparait un petit convoi pour Plaisance, capitale de cette île; mais pour celui-ci, le centre d'armement était Brest, ce qui obhgeait Begon, Desclouzeaux, intendant de Brest, et le ministre, à un échange compliqué de

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