II
l'avis de Frontenac, qui s'inquiétait de faire porter du sel aux habitants pour la préparation du poisson *.
Les établissements de la baie d'Hudson, grâce à d'iberville, avaient pris une certaine extension en 1690-1692; mais, pendant Tabsence de ce commandant, les Anglais s'emparèrent de tous les postes français de la côte; les Canadiens fort peu nombreux qui s'y trouvaient alors, avaient préféré s'enfuir et courir en pays peu connu les chances d'un long voyage, que de rester prisonniers des Anglais; la perte de ces négociants monta, d'après La Potherie, à 50000 écus de pelleteries, sans compter les vivres et les munitions * (juillet 1693). 11 fut question au Canada d'envoyer immédiatement à la baie les frégates du roi le Poli et V Envieux^ courriers de l'année ; une conférence qui réunit Frontenac, Champigny et d'Iberville conclut à l'ajournement du projet (7 août). La saison était trop avancée, les vaisseaux n'auraient pu s'aventurer dans la baie sans risquer d'être pris par les glaces et de ne pouvoir repasser en France ^. Mais l'expédition différée eut lieu l'année suivante.
Au mois d'août 1694, d'Iberville partit de Québec avec l'un de ses frères, Sérigny, et quelques Canadiens; nous possédons le contrat signé le 8 août par les officiers et leurs hommes, et visé par l'intendant; ceux-ci recevaient des munitions et devaient toucher la moitié des prises et des produits de la traite ; chacun pouvait emporter cent livres de marchandises pour en faire commerce à son gré *. Un an plus tard, on était surpris à Québec de n'avoir point de nouvelles de la baie ; on craignait, d'après des renseignements incomplets apportés par des sauvages, qu'un des vaisseaux de d'Iberville n'eût été pris par les Anglais et l'autre coulé ^. La relation du chef de l'expédition montre qu'heureusement il n'en fut rien. Parti le 10 août, avec deux frégates de vingt et trente canons et cent quinze hommes, d'Iberville arrivait le 24 septembre en vue des batteries anglaises de Port Nelson ; il investit la place après une inutile sommation de capituler; le
i. Lettre du 25 ocl. 1696. Ar. col., C. G. Can., XIV, 160.