‹ Le comte de FrontenacChapitre 284 sur 358 · Lettre des administrateurs, 10 nov. 1695. Id.y id,j · texte numérisé non relu

Lettre des administrateurs, 10 nov. 1695. Id.y id,j

13 octobre, à midi, les Anglais se rendaient; ils étaient plus de cinquante avec trente-six canons. Tous les Français passèrent rhiver au fort, car il était trop tard, à la fin d'octobre, pour rentrera Québec; pendant Tété suivant, dlberville tint à rester encore, car on lui avait annoncé l'arrivée de vaisseaux anglais; il les attendit vainement jusqu'en septembre; alors, laissant à La Forest, commandant intérimaire, soixante-dix hommes avec des munitions et des vivres pour un an, il mit à la voile. Les vents contraires l'éloignant du Canada, son équipage souffrant du scorbut, il ne voulut pas perdre de temps en mer et gagna directement la France; sa relation est datée de la Rochelle, 13 octobre 1695 '. Le succès de cette campagne accrut la conûance de la Cour en d'iberville qui accomplira glorieusement, en 1696 et 1697, d'importantes missions.

Les territoires limitrophes de l'Acadie étaient, pendant cette même période, le théâtre d'une lutte de tous les jours entre les Anglais d'une part, les Français et leurs alliés abénaquis de l'autre; tandis que Menneval était toujours retenu captif à Boston, au mépris de la capitulation que Phips avait signée, les Anglais cherchaient à se débarrasser de Saint-Castin, puissant capitaine de sauvages, dont Tinfluence sur les Abénaquis leur était fort préjudiciable. Saint-Castin, d'après La Hontan, vivait comme un chef indigène; depuis longtemps fixé dans le pays, il était riche et, quoique ses enfants fussent Français seulement du côté de leur père, il avait fort bien marié ses filles à des Canadiens *, et s'était fait naturellement l'intermédiaire de toutes les négociations entre les Abénaquis et le gouverneur de la Nouvelle-France. Il était l'ennemi déclaré des Anglais. En 1692, les deux déserteurs français que Nelson avait débauchés acceptèrent du gouverneur de Boston la mission de s'emparer de Saint-Castin; mais leur dessein ayant été connu de deux Acadiens, prisonniers des Anglais, ceuxci feignirent de vouloir s'y associer et obtinrent à ce prix leur liberté ; à peine sortis des habitations anglaises, ils s'assurèrent des deux traîtres et les conduisirent à Villebon, dont ils reçurent une gratification de cinq cents livres '. Saint-Castin resta donc

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