‹ Le comte de FrontenacChapitre 287 sur 358 · Relation de 16U2-1693, Ar. col.. C. G. Can., XII, 182 ss · texte numérisé non relu

Relation de 16U2-1693, Ar. col.. C. G. Can., XII, 182 ss

que les Agnîers unis aux Anglais complotaient une prochaine campagne de revanche, fit fortifier à neuf tous ses postes, ainsi qae Montréal : un petit ouvrage fut élevé sur la colline qui domine la ville. En même temps, le commandant du fort Chauibly, des Bergères, s'attachait à rendre impraticables les portages que suivait ordinairement Tennemi, tacticiue excellente en ce pays dont les larges rivières sont coupées de rapides qu'il faut tourner K Les grands projets des Anglo-lroquois, en 1693, n'eurent point de suite, et Frontenac, sur Tavis que des émissaires anglais avaient été vus aux Miamis, envoya des ambassadeurs à ce peuple pour le maintenir dans notre alliance. En même temps, pour exciter le zèle des indigènes contre l'ennemi le plus dangereux de la colonie, les administrateurs instituèrent des primes de chasse : on payait vingt écus par Iroquois prisonnier, dix pour chaque mort dont on rapportait la chevelure. Avec des adversaires pareils à des botes féroces, force était bien de recourir à de tels moyens; en 1694, on demandait au roi douze mille écus pour cet objet : cela suffirait, disait-on, à détruire les Iroquois '. La prime était accordée aussi bien aux indigènes des nations d*en haut (|u'aux sauvages chrétiens des missions; c'était une manière d'employer, au mieux des intérêts de la colonie, les fonds bien peu considérables dont on disposait; un état de 1601 note (|ue 2ette politique revient moins cher et réussit mieux que celle des ^mpagnes réglées avec des contingents européens; en 1693, le otal des présents faits aux sauvages monte à plus de neuf mille îinq cents livres', sans compter les primes; par des dépenses de :e genre, Frontenac entretenait notre union si nécessaire avec les lations d'en haut.

En 1693, au moment même où Ton craignait, à Québec comme i Montréal, une attaque des Iroquois et des Anglais, cent quatreringt-six canots descendaient la rivière des Outaouais, apportant le grandes quantités de castors et d'autres p«;ileteries ; les ennemis [>08tés au contluent de l'Ottawa et du Saint-I^urent s'étaient dispersés à la vue de ce convoi, qui comptait près de sept cents hommes, dont cent soixante Français. Les Montréalais accueillirent les arrivants avec enthousiasme ; les chefs indigènes étaient

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